Band 
Livre IX. L'Asie Antérieure.
Seite
659
JPEG-Download
 

MARACH , SIS, MISSIS, AYAS.

059

d’Arménie y résidèrent pendant deux siècles, de 1182 à 1574, et i’on y voitencore les restes du tarbas ou palais des takavor. En cessant d’être rési-dence royale, Sis resta le chef-lieu religieux; au monastère règne un pa-triarche, dont le gouvernement turc a voulu faire un rival du sujet russe,le patriarche d’Etchmiadzin . Tous les évêques des alentours envoient auprélat de Sis la dîme que payent leurs paysans. Sur la route qui descend auPjihoun, une colline porte le château fort d’Anazarhe, la llaïn zarha desmusulmans, qui fut avant Sis une résidence des rois arméniens et que scsruines romaines ont rendue célèbre. Los deux aqueducs anciens, quoiquerompus çà et là et privés de leurs sculptures et de leurs inscriptions, sontencore des monuments grandioses : on les voit se poursuivre sur une lon-gueur respective de 12 et de 20 kilomètres jusqu’aux montagnes qui do-minent la e au nord et au nord-ouest' : leurs eaux fécondantes avaientchangé le désert environnant en un immense verger, si bien qu’au dou-zième siècle Edrisi pouvait comparer la campagne d’Anazarhe au « paradis »de Damas .

A l’est d’Adana , l’antique Mopsuesle, la Mamislra des Croisés, la Missisdes Arméniens et des Turcs , garde le passage du Pyramc, que traverse unpont de neuf arches : on se trouve déjà vers la racine de la Péninsule etles escarpements du Pjebel-cl-Xour ou « Montagne de la Lumière » indi-quent la limite naturelle entre les deux contrées, l’Asie Mineure et la Syrie ;dans celte marche se rencontrent des groupes de toute nation, Turcs etGrecs, Arméniens et. Kouriles, Arabes , Circassiens, Ansarieh, nègres etTsiganes. Mopsueste, à la frontière extrême du monde hellénique, appar-tenait également à la Syrie et à l’Asie intérieure par le mélange descultes. Son Apollon était plutôt un Baal d’Orient qu’une divinité grecque;elle avait pour tous les dieux un sanctuaire et des adorateurs; de mêmeÆgée (Ayas, I.ajazzo), la « cité des Vagues », bâtie au nord du golfed'Alexandrcttc, accueillait toutes les religions du bassin de la Méditerra-née; pendant les guerres des Croisades, alors que les marins d’Italie enavaient fait leur principal entrepôt, elle était devenue ville chrétienne . Leport cilicien qui lui a succédé est à quelques kilomètres à l’ouest, non loinde la bouche du Pyrame : c’est le bourg de Youmourtalik(Tchoumour talck),que l’on parle de rattacher aussi à Adana par un embranchement de voieferrée, qu’il faudra protéger contre les alluvions du fleuve en rejetant lecourant vers l’ouest 2 . Ayas et Youmourtalik sont au nombre des ports que

* Texier, Revue française. 1838; — Cari Ritter, Asie », XIX.s Kil. Dutemple, En Turquie d'Asie .