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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UXIVERSELLE.
de même dans les villes, où se sont établis les conquérants arabes, puisceux que l’on désigne sous le nom de Turcs et qui sont Kouriles , Arméniensou Tchcrkesses; l’esclavage, qui n’est point aboli, —car Damas a toujoursses marchés où se vendent des Africains, — contribue au croisement de lapopulation. La race est très mélangée, cependant elle se distingue par destraits caractéristiques. Les Syriens ont en général la ligure régulière, maisun peu trop large, un nez bien dessiné, quoique sans finesse, des lèvres légè-rement saillantes; les yeux, fendus en amande, sont toujours beaux, et laphysionomie d’une extrême mobilité. Tous les voyageurs s’accordent à direque les Syriens , vraiment dignes de leurs ancêtres phéniciens, sont unpeuple intelligent entre tous; d’après Burton, ils seraient « la race la mieuxdouée qui existe. » Malgré les longs siècles de servitude qu’ils ont subis,ils ont une merveilleuse initiative, en même temps qu’une extrême facilitéde compréhension. Leurs aptitudes se portent tout naturellement vers lecommerce et déjà nombre de négociants syriens sont établis à Marseille , àLiverpool, à Manchester; il s’en trouve même en Amérique et en Scan-dinavie . Commerçants nés, ils n’ont guère de conversation qui ne roulesur l’argent. En outre, on reproche à presque tous les « Arabes » de Syrie leur peu de souci de la vérité. « Le mensonge est le sel de l’homme! » ditun de leurs proverbes 1 justifiant le vice de la fourberie, si communchez les gens opprimés. Un autre défaut capital des Syriens est leur intolé-rable vanité; ils s’enorgueillissent si volontiers de leur savoir, qu’ils n’ont[dus la volonté d’en apprendre davantage; ils s’arrêtent, tout fiers d’êtrearrivés si loin. Du reste, chaque ville se distingue par des caractères spéciaux,provenant de la diversité des croisements et du milieu. Les dictons locauxmentionnent ces différences en les exagérant : « Halebi, tchelebi I Chami,choumi! Alépins, faquins! Damasquins, coquins! » se renvoient les habi-tants de l’une à l’autre cité. Les gens de Damas sont les plus arabes desSyriens , ce qui s’explique par leurs relations constantes de commerce avecla Mecque. Le dialecte arabe y est plus pur que dans le reste de la Syrie ;mais l’ancien syriaque s’est maintenu dans quelques bourgs voisins. Alep est dans le voisinage des pays de langue turque et la ville d’Antioche faitpartie du domaine glossologiquc de l’Asie Mineure.
Le long de la côte septentrionale de la Syrie , du golfe d’Alexandrctte auNalir el Kcbir, la plupart des monlicoles appartiennent aux peuplades desNosaïri (Petits Chrétiens 2 ) ou Ansarieh, évalués diversement à 120 000