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bouche de l’Oronte ; les bateaux arabes abordent sur la plage à une dizainede kilomètres au sud du port comblé de Séleucie. La rade, au sud du lias-el-lvlianzir, a l’avantage d’être voisine de l’Oronte ; elle serait le lieu d’ex-portation naturel pour toute la riche vallée fluviale si la côte y offrait unabri contre les vents. A la base du promontoire calcaire qui limite au nordla plaine basse de l’Oronte , les anciens avaient creusé un bassin dans laplage de Séleucie, et l’on voit encore les blocs disjoints du môle 1 ; on pour-rait déblayer ce petit port, très insuftisant pour le commerce actuel, mais,pour les gros bâtiments que l’on construit de nos jours, il faudrait pro-longer les jetées jusqu’à plus d’un kilomètre en mer, et les abords onseraient toujours périlleux. Le port projeté doit se construire en face duhameau de Soucdieh, près de la bouche fluviale, et sc rattacher à Antioche par un chemin de fer, récemment concédé. La colline de Séleucie est percéede tombeaux, et l’un des chemins qui se dirigent vers l’intérieur traverse lal'oche en tranchées et en tunnels : c’est l’un des plus grands travaux dece genre qu’aient laissés les anciens.
A l’époque où des centaines de milliers d’habitants se pressaient dansles murs d’Antioche , son port le plus actif n’était pas le bassin de Séleucie,aux abords trop dangereux : les navires se dirigeaient surtout vers Laodicce.située pourtant à une centaine de kilomètres vers le sud, près d’un petitgolfe tout dentelé de criques : l’une d’elles, partiellement comblée depuis,était assez vaste et assez profonde pour recevoir de nombreux bâtiments,et du côté du large des môles et des écueils la protégeaient contre lahoule. Malgré la difficulté des communications avec l’intérieur, à travers lamontagne des Ansarieh, l’ancienne Laodicce, appelée maintenant Latakieh,est l’une des « échelles » d’Alcp, et une petite colonie européenne s’y estétablie. La ville est bâtie sur une terrasse, à un kilomètre de la « marine »,dont les maisons bordent la plage circulaire. Latakieh fait un grand com-merce des tabacs très forts que produisent les campagnes environnantes;ils se distinguent des autres par une couleur noire et une odeur parti-culière, dues à des fumigations sur des brasiers de bois de cèdre 2 . Elleexpédie aussi des fruits, des huiles, des céréales et du coton. Latakieh estun des ports de la côte que l’on a proposés comme points de départ duchemin de fer de l’Euphrate . Le tracé proposé franchirait à 500 mètresenviron le seuil de l’Amanus cl traverserait l’Ûronle devant la riche bour-gade d’Ecli-Chougr.
1 Ernest Rcmin, Ori<jims du Christianisme. Saint Paul.
- Léon Metchnikuv, Notes manuscrites.
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