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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
croix de toute espèce, jusqu’à la poussière des lieux sacrés! Le groupe deséglises et des couvents de Bethléhem, de même que l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem , est un ensemble de constructions sans aucune symétrie,appartenant à diverses communautés religieuses : telle galerie, tel escalier,telle porte ne laissent passer que des Grecs; ailleurs, les Latins ou les Ar-méniens ont seuls le droit de pénétrer. La principale nef, la basilique dela Nativité , bel édifice de la première moitié du quatrième siècle, est lapropriété commune des Grecs et des Arméniens; les catholiques sontautorisés seulement à traverser le chœur. Au-dessous de l’église est lagrotte pavée de marbre et ramifiée en labyrinthe où descendent les fidèlespour s’agenouiller devant l’anfractuosité du rocher qu’indique la tradi-tion comme lieu de naissance de Jésus .
Au sud de la Judée, sur le même laite de hauteurs que Jérusalem etBethléhem, La! dernière ville populeuse dans la direction du désert est Hé-bron , la cité d’El-Khalil ou de « l’Ami de Dieu », ainsi nommée, commeOrfa, en souvenir d’Abraham . D’après une légende, qui ne trouvait pointd’incrédules parmi les chrétiens du moyen âge, mais qui est violemmentcombattue par les Arabes de Damas, plaidant, eux aussi, en faveur deleur ville, ce serait dans le voisinage d’Hébron, près du tombeau d’Abra-ham , que sont les couches de terre rouge qui servirent à former le premierhomme. Jadis les pèlerins se rendaient en foule à Iléhron pour contemplerce lieu natal du genre humain et recueillir un peu de cette terre dont ils secroyaient issus. Le lieu saint d’Hébron est la mosquée d’Abraham , quis’élève à l’est du torrent d’El-Khalil, au sommet de l'amphithéâtre de mai-sons que forme le principal quartier. Cette mosquée, en partie creusée dansle roc, fut jadis une église, et antérieurement une synagogue ; les édificesse sont succédé sur cet emplacement, mais l’enceinte extérieure, bâtieen gros blocs, paraît être de construction fort ancienne : les archéolo-gues lui assignent près de trois mille années. Au-dessous de la mosquées’étend une caverne double qu’une longue tradition dit être celle deMacpelah, où Abraham, Sarah, Isaac-, Rebecea, Jacob, Léa furent « recueil-lis vers leurs pères ». Naguère la mosquée n’était ouverte qu’aux malio-métans seuls; mais eux-mêmes ne visitent point les grottes; il est probableque, depuis les croisades, personne n’a pénétré dans les hypogées, si cen’est peut-être en 1854, quand les gens d’Hébron , assiégés par Ibrahim-pacha, cachèrent sous la mosquée leurs objets les plus précieux 1 .
Le torrent « de l’Ami » descend au sud-ouest vers Beer-Sebah, la der-
1 Couder, Tent-work in Palestine.