couvrant les sables gris de leurs étoiles blanches 1 2 . La colonie wurlem-bergeoise de Sarona , composée d’environ "250 personnes, s’est établiedans celle campagne et, grâce à l’arrosement, y a l’ail naître une oasisnouvelle. L’Alliance Israélite possède aussi dans les environs de Jaffa uninstitut agricole, où des centaines d’enfants juifs apprennent le jardinage.Près de la ville, quelques grands oliviers, rangés symétriquement, appar-tenaient jadis à une ferme-école fondée par Colbert *.
Au sud de Jaffa , la plupart des places fortes des Philistins sont rem-placées par de pauvres villages. Askalon, la « Fiancée de la Syrie », qui,malgré les fréquentes vicissitudes des guerres et des assauts, continuad'clre une grande ville jusqu’à l’époquc des Croisades , est de nos jourscomplètement abandonnée; il n’en reste que d’informes débris et le demi-cercle de son rempart, qui se termine au nord et au sud par les brusquesescarpements d’une falaise dominant les flots de la Méditerranée; l’enceinteest occupée en entier par des jardins où les habitants d’un village voisin,Pjourah, cultivent encore l’espèce d’ail qui doil à l’ancienne Asealon sonnom d'ascalunium ou échalote. Au sud du pays des Philistins , et déjàdans le voisinage du désert, Gaza (C.hazzch), la cité méridionale de la Pen-tapole, que mentionnent les annales égyptiennes il y a près de quatremille ans, est restée grande ville, grâce à sa situation, qui en fait l’inter-médiaire entre l’Egypte et la Palestine, entre l’Afrique et l’Asie . Lors descommencements de l’empire de Byzance , elle était célèbre par ses écoles etdes Arabes y venaient de fort loin pour apprendre à connaître le mondehellénique et ses idées 3 . Gaza est moins une cité qu’un ensemble de vil-lages et de jardins disposés cil cercle irrégulier autour d’une butte à largeterrasse aplatie, qui paraît être en partie composée de décombres :c’est le quartier des Escaliers, où s’élèvent le sérail du gouverneur et laprincipale mosquée, ancienne église du douzième siècle. La ville s’estfréquemment déplacée en cheminant vers l’est au-devant des dunes; entrele cultivateur et les sables la lutte est constante; on déblaye les sablesautour de chaque arbre fruitier, croissant comme au fond d’un cratère 4 ;mais souvent les dunes mobiles, liantes de 10 à 15 mètres en moyenne,ont recouvert les vergers et les demeures; en maints endroits, à l’ouest dela ville, on a retrouvé sous les sables des fragments d’édifices, des amas depoteries, des statues romaines d’un beau travail. L’ancienne « marine »
1 Condcr, Palestine Exploration Fund , jan. 1878.
2 E. Melcliior ilo Yogüé, Syrie et mont Athos .