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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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MONTAGNES DE MADIAN ET DU 1IEDJAZ.

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comme dans le Madian , des coulées de laves interrompent les formationsgranitiques et les roches d’origine secondaire. On y entend aussi la « mu-sique des sables », comme en tant d’autres régions du désert : en passantdevant un de ces monticules chanteurs, au sud-est du port de Yamho,les Bédouins racontèrent à Fulgcnce Fresnel que la voix mystérieuse estcelle d’âmes infidèles enfermées jusqu’au jour du Jugement.

En certaines régions du Iledjaz, les pentes du plateau sont très douceset le relief du sol n’offre pas l’apparence de montagnes : c’est ainsi qu’onmonte de Yamho à Médine sans avoir à traverser de crête proprementdite. La Mecque est d’accès encore plus facile, mais elle se trouve sur leversant de la mer Bouge, dans la plaine qui s’incline vers le port deDjedda . La chaîne faîtière de la Péninsule, connue en cet endroit sous Jenom de Djebel-Kora, s’élève à l’orient de la ville sainte; c’est une arêtede granit, de porphyre et d’autres roches anciennes, dont les contreforts,du côté de la mer, se composent d’assises sédimentaires ayant de oOO à1000 mètres de hauteur. Le seuil dulvora, que l’on gagne par un âpresentier pour se rendre de la Mecque à la place d’armes de Taïf , sur le ver-sant oriental des monts, est, d’après le botaniste Schimper, à 1G00 mètresd’altitude : au nord, la chaîne s’abaisse peu à peu; mais vers le sud ellese redresse, et la haute montagne de Gurned ou des Beni-Sufyan, que l’onaperçoit an sud-est, n’aurait pas moins de 2Ô00 mètres Sur ces montsélevés, on se croirait transporté dans les Apennins ou sur les Balkans . Deseaux courantes murmurent dans les ravins, entre les blocs de granit; ungazon Irais, émaillé de fleurs, tapisse les rochers; des arbres fruitiersombragent les maisonnettes : on s’étonne de voir passer les chameauxpoudreux, les Bédouins hàlés au milieu de ces paysages gracieux qui sem-blent faits pour les bergers et les troupeaux d’Arcadie .

La partie méridionale du Iledjaz, dont le littoral est connu spécialementsous le nom de Tehamah, est désignée dans la région montagneuse parl’appellation d’Assir. Là aussi la crête est une saillie de granit, sur la-quelle reposent des grés et des calcaires et çà et là se sont épanchéesquelques nappes basaltiques 3 ; prise dans son ensemble, elle forme le prolon-gement de la longue chaîne côtière, mais elle paraît être plus élevée que celledu Iledjaz septentrional : on y voit fréquemment des neiges pendant l’hiver,et même au mois d’avril le médecin Chédufau, qui accompagnait l'arméeégyptienne d’invasion, vit les ruisseaux des hautes pentes bordés de g J a-

' Schimper; — Iiurckhanlt : — f.arl Rilter, A .tien, vol NUI.

2 Millingen, Zitterer; — Mahé, A'oles manuscrites.