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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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MONTAGNES Dü 1IEDJAZ ET DU YEMEN .

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les uns avec les autres, facilita les incursions de l’étranger, et tandis queles habitants des plaines basses gardaient leur farouche indépendance,ceux de la haute citadelle des montagnes devenaient les serviteurs de con-quérants. Sous ie principal d’Auguste , il y a plus de dix-neuf siècles,des légions romaines parcoururent le pays du versant de la mer Rouge ,jusque dans l’IIadramaout, sur la déclivité tournée vers la mer des Indes.Actuellement, le Yemcn est une province turque, fortement occupée par desgarnisons, et depuis 1859 les Anglais se sont emparés d’Aden, le meil-leur port de la côte, de manière à s’assurer les prolits du commerce avectout le Yemcn sans avoir les difficultés de la conquête. Plusieurs petitssultans de l’intérieur ont gardé titre, cérémonial, simulacre d’indépen-dance; mais, pensionnés par la Grande-Bretagne, ils ne sont en réalitéque ses humbles vassaux.

Quoique la péninsule arabe n’ait plus un seul cratère actif, elle estparmi les contrées où les foyers volcaniques sont le plus nombreux. Endehors des massifs montagneux du Yemcn, dans le Tchama qui borde lamer Rouge, de même que dans celui du littoral d’Aden , se dressent plu-sieurs sommets entièrement composés de roches ignées. C’est même grâceà la rupture du sol dans le voisinage immédiat du littoral que le continentdoit la formation de ses promontoires les plus hardis et de ses décou-pures les plus profondes. Le Djcbel-Chamchan (551 mètres), qui abrite laville d’Aden et qu’un mince pédoncule rattache au continent, est un de cesvolcans qui jaillirent d’une crevasse de la côte; de même, à l’ouest, leDjebel-Hassan, qui s’avance aussi en dehors de la terre ferme et quesignalent de loin les deux aiguilles appelées « Oreilles d’Ane » par lesmarins. Ee Djebel-Khaou dresse au-dessus d’un cap sa croupe en forme deselle, et plus loin, séparé de la mer par des bancs de sable, apparaît lemassif puissant du Djebcl-Kharaz (845 mètres), ha roche péninsulaire quiforme la pointe extrême de l’Arabie, entre la mer Rouge et l’océan Indien ,et que contourne le détroit de Bab-el-Mandeb , est également d’originevolcanique; enfin, l’île de Perim, d’où les Anglais commandent l’entrée dela mer Rouge , n’est qu’un amas de scories rougeâtres disposées en demi-cercle autour d’un cratère d’éruption.

La partie méridionale de l’Arabie est uniforme d’aspect et de relief.La zone du littoral est presque partout assez basse; parsemée de buttesvolcaniques, elle s’élève graduellement en terrasses jusqu’à des montscalcaires d’une hauteur approximative de 1000 mètres. De l’autre côté decette chaîne, éloignée en moyenne de 150 kilomètres du littoral, le sol s’af-faisse vers une grande plaine centrale, connue sous le nom de Djof.