MONTAGNES DE L’ARABIE MÉRIDIONALE.
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Au delà du Ras-Fartak, qui fait face au cap africain Guardafui ou Ras-Asir , cl dont la falaise formidable domine l’entrée du golfe d’Aden, la cotearabe, découpée en grandes baies semi-circulaires, s’abaisse graduelle-ment. Deux chaînes riveraines, le Djebel-Kamar et le Djebel-Sabban. dres-sent encore leurs rocs pelés à plus de mille mètres, mais de larges brèchess’ouvrent entre les rangées des montagnes côtières et les déserts sablon-neux de l’intérieur viennent se confondre avec les plages. Ainsi qu’il arrived’ordinaire devant les côtes basses, le lit marin s’incline lentement aularge de ces plaines désertes. Tandis qu’à la base du Djebel-Sabban ontrouve déjà les profondeurs de 2000 mètres à 0 ou 7 kilomètres du rivage,la baie de Kouriyan Mounyan, qu'entourent des terrasses peu élevées, n’apas môme 100 mètres de fond à 50 kilomètres du littoral. Les trois îlots,les rochers, les écueils et l’îlc granitique d’IIullaniyah, qui se prolongentde l’ouest à l’est au devant de la baie, forment le véritable rivage. Au sudde celte côte, le lit marin s’abaisse brusquement ; à quelques kilomètresau sud d’Hullaniyab, que domine un piton de 502 mètres, la sonde netouche le fond qu’à plus de 5000 mètres. Au nord-est, la grande îleMasirah (Mosera), qui se développe parallèlement au littoral sur une lon-gueur de 70 kilomètres, se distingue à peine du continent voisin; seule-ment de légères embarcations peuvent se hasarder dans la manche, par-semée de bancs de sable, qui sépare l’île de la terre ferme.
Les grandes montagnes recommencent au Ras-el-lladd, le cap orientalde la Péninsule, où la côte tourne soudain vers le nord-ouest. Là sedresse le massif de l’Oman, correspondant à celui du Yemen : de moindreétendue, il s’élève à une hauteur égale : c’est là peut-être que les géo-désiens mesureront un jour le point culminant de la Péninsule. Du Ras-el-lladd au Ras Masandam, pilier terminal de l’Arabie qui commandel’entrée du golfe Persique , les montagnes se dressent presque partout enescarpements abrupts au-dessus de l’eau profonde; la plaine côtière duTehamah manque à la base de la plupart des monts, si ce n’est à l’ouestde Mascatc, où les campagnes de Ratna ou El-Ralinah bordent la concavitéd’une vaste baie. Les rochers de l’Oman contrastent avec ceux du Yemen par leur effroyable nudité aussi bien que par la raideur de leurs pentes.En comparaison des montagnes de Mascatc, celles du Sinaï sont un « jar-din », dit le botaniste Aucher Eloy . Les parois grises, brunes, rouges etvertes, calcaires, ardoises et serpentines, se montrent à vif avec leurs sail-lies, leurs anfractuosités, les mille détails de leurs assises et de leursgéodes aux couleurs et aux formes diverses.
Considérées d’une manière générale, les montagnes de l’Oman se com-