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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAMIE UNIVERSELLE.

placement des foyers de chaleur, qui tantôt se trouvent sur la terre ferme,tantôt sur la mer, les brises locales modifient incessamment leur directionle long des côtes, soit pour ajouter leur force à celle des courants géné-raux, soit pour les retarder, les neutraliser ou en changer la marche. Descourants aériens différents par l’origine acquièrent des propriétés analo-gues en traversant les mêmes régions : tandis que le vent du sud apporteici l’humidité, ailleurs c’est le vent du nord qui est celui des pluies; lesimoun desséchant, le chelouk empoisonné, vient de l’est pour les habitantsdu Yemen ; pour ceux de Bagdad, il souffle de l’ouest. Dans les A'efoud, lescourants atmosphériques dominants sont ceux de l’occident; ou le recon-naît à la forme des huttes sablonneuses et à l’inclinaison de toutes lesplantes, penchées vers l’oricnt 1 .

Mais le fait capital dans la circulation des airs au-dessus de la Péninsuleest le reploiement de la mousson du sud-ouest dans le sens du sud-est.Les deux avenues de montagnes entre lesquelles sont enfermées lesdeux mers latérales de l’Arabie, le golfe Pcrsique et le golfe Ara-bique , sont les chemins tracés pour le mouvement des airs. En péné-trant dans les manches d’Oman et de Bab-el-Mandeb , le vent normal sereploie pour remonter les deux golfes dans le sens de leur grand axe; demême, les courants qui descendent des plateaux de l’Iran et des montagnesde Moal) ou de Madian s’engouffrent dans les fosses qui s’ouvrent devanteux et les suivent jusqu’à l’entrée. Ainsi se produit une alternance régu-lière de vents montants et descendants qui ont singulièrement facilité lecommerce; d’avance, le souffle des vents indiquait aux Arabes les che-mins de la mer. Mais il ne leur fallait pas moins une étonnante audacepour se lancer en dehors des « portes » sur une mer bouleversée par lestempêtes et dont les courants, rapides et irréguliers, ne semblent obéir àaucune loi précise'. Les marins de l’Oman, de l’IIadramaout, du Yemen eurent ce courage, et de la côte de Mozambique aux îles de la Sonde ilsfurent jadis les porteurs de marchandises pour toutes les populationsriveraines de l’océan Indien ; longtemps aussi ils en disputèrent l’empireaux Portugais. Aux premiers temps de l’Islam, les Arabes eurent même unegrande part au commerce de la Méditerranée, lvremer a retrouvé plusieursmots sémitiques dans la langue des marins d’Europe .

1 Ruber, Bulletin de la Société de Géographie de Paris, 188i.5 Wellsted, Journal of the Geographical Society, 1806.