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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
mais, outre ces mouvements généraux et les ondulations superficielles duIlot, causées par les brises locales, il se produit un déplacement général deseaux dans la direction du sud au nord. Le golfe Arabique ne recevant qu’unetrès faible quantité d’eau, puisqu’il n’a pas un seul affluent pérenne,peut être considéré comme un immense bassin d’évaporation. Répartie àsa surface, la couclie liquide apportée par les pluies et les ouadi n’a qu’uneépaisseur infinitésimale, tandis que la masse d'eau changée en vapeur seraitassez forte pour abaisser sensiblement de mois en mois le niveau de la merRouge, si l’océan Indien n’envoyait, un courant pour remplacer les eauxperdues. Maury, dans sa Géographie de la mer, évaluait à 7 mètres lacouclie liquide s’évaporant chaque année à la surface de la mer Rouge : onsait, depuis les expériences faites par M. Salles sur de vastes bassins, quecette évaluation de l’hydrographe américain était beaucoup trop forte; maisla perte annuelle du golfe Arabique fùt-elle seulement d’un mètre, les ri-verains verraient l’énorme bassin se vider dans l’espace de quelques géné-rations. En admettant que l’ensemble de la cavité ait une profondeurmoyenne de 400 mètres, il suffirait de quatre siècles pour vaporiser toutel'eau qui s’v trouve renfermée, et bien avant celle époque ce qui resteraitdu Ilot salé, arrivé au point de saturation, serait bordé de berges cristal-lines. Il faut donc que les ondes du golfe d’Adcn, entraînées dans lesdeux passes de Rab-el-Mamlcb, viennent réparer les pertes annuelles dela mer Rouge : un volume d’au moins mille milliards de mètres cubesdoit ainsi pénétrer chaque année dans le détroit; c'est un flot égal à celuid’un fleuve comme le Gange. Rien plus, les eaux superficielles du golfeArabique étant poussées vers l’Océan pendant une moitié de l’année parles vents du nord, il faut que la compensation s’établisse par un accrois-sement du courant sous-marin qui se porte vers la mer Rouge . Mais, quelle(pie soit la vitesse de ce flot qui se dirige de Bab-el-Mandeb vers les golfesde Suez et d’Akabah, une part du liquide s’évapore en route, et lasalure de l’eau s’en accroît d’autant. D’Aden à Suez la proportion dusel contenu dans l’eau de mer augmente graduellement : d’un peu plus de39 parties sur 1000 à Aden, elle s’élève à 41 et même à 45 dans lesgolfes de l’extrémité septentrionale. Depuis que le canal de Port-Saïd a misla mer Rouge en communication avec la Méditerranée, des échanges sefont aussi entre le golfe de Suez et le bassin des lacs Amers. La mer Rouge a commencé par remplir ce bassin, dont l’eau était presque complètementévaporée; elle y a versé 900 millions de mètres cubes d’eau, en propageanten même temps sa flore et sa faune; puis elle renouvelle incessamment lamasse liquide du canal, par les oscillations du flux et du reflux. A l’heure