BÉDOUINS ET ARABES SÉDENTAIRES.
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fois nobles, riches, soutenus par de puissants alliés, arrivent à exercer uneautorité considérable, lorsqu’ils savent identifier leurs intérêts avec ceuxde la tribu ; mais celle-ci n’oublie jamais son droit primordial, et souventl’occasion se présente d’avoir à l’exercer. 11 arrive fréquemment que lecheikh ne soit élu que pour le temps de paix : c’est l'homme de la sa-gesse. Pour la guerre, il faut avoir recours à l'homme de ruse et d’audace;alors la tribu fait choix d’un aghid, — d’où probablement le nom de« guide » dans les langues occidentales,— qui mène ses égaux au combat,préside au pillage ou couvre la retraite. Ses pouvoirs temporaires pren-nent fin à la conclusion du traité de paix 1 * 3 .
Les Arabes sédentaires , occupant l’immense pourtour de la Péninsule etdes steppes de la Mésopotamie , sont naturellement très divers par l’origineet par les éléments divers qui s’y trouvent mélangés : l’usage communde la langue les groupe en un même corps, dans lequel ne se retrouventplus toutes les différences originelles ; mais il est certain qu’à l’est del’Arabie les Persans et les Hindous, au sud et à l’ouest les Somali, lesAbyssins et diverses peuplades nègres ont contribué pour une forte partà modifier les éléments primitifs; même les grands personnages, chérifs etautres, affectent d’épouser seulement des négresses esclaves, comme pourtémoigner ainsi que parmi leurs compatriotes arabes nul n’est digne deleur donner sa fille*. La population la plus pure serait celle du haut Ycmenet de l’IIadramaout : c’est là que vivent les Arab-Ariba, les « Arabes-Arabes », tandis que les autres Péninsulaires, différents par le sang, par lesalliances, aussi bien que par l’ancienne culture, seraient les Ismaélites ,les Arabes Mousta-Ariba ou « Arabes Arabisés »\ Les traditions locales etl’histoire s’accordent pour reconnaître dans l’Arabie sud-occidentale l’exis-tence d’une souche ethnique différente des nomades de l’intérieur. Dési-gnée sous divers noms par les légendes et les généalogies mythiques, ellea’reçu de nos jours la dénomination générique de race hymiare : c’estla nation des « Rouges », — les llomérites des Grecs, — que l’on croit êtreà celle des Pount ou Pouna, les ancêtres des Phéniciens . Aux ori-gines de l’histoire, les Hymiares ou Sabéens, habitants de l’Arabie Heureuse,étaient au nombre des nations civilisées, et c’est peut-être à la renomméede leur culture, aussi bien qu’à la beauté de leur pays et à la valeur deleurs précieuses denrées, que la contrée doit le surnom de Félix qui lui estresté dans la nomenclature géographique. Depuis un temps immémorial,