NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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Le café du Yemen méridional est expédié surtout par le port d’Adcn ;Moka, sur la côte du golfe Arabique, n’a plus le monopole de cette denrée.La ville, jadis très commerçante, qui a donné son nom aux meilleurscafés, a perdu son mouvement d’échanges, et son enceinte de murs renfermeplus de ruines que de maisons habitées ; mais elle expédie encore les pro-duits des cafèteries dTddcïn, les plus renommées de toute l’Arabie. D’au-tres ports du littoral de la mer Houge ont prospéré : tandis que déclinaitMoka, llodeïdah, située à proximité de Beït-el-Fakih et de Zebid, qui étaientau dernier siècle les marchés les plus actifs des cafés, est devenue uneville importante, ayant une colonie turque, pins que décimée annuellementpar les lièvres, les dysenteries, les maladies de foie 1 : elle est le havrede Sana, de Manacha et des antres cités populeuses du haut Yemen .Ghalefka, Loheïyah sont aussi des ports animés. L’ile de Camaran, entreIlodeïhah et Loheïdah, a été choisie par la commission sanitaire inter-nationale pour l’établissement du lazaret de quarantaine où doivent séjour-ner de dix à quinze jours les pèlerins de la Mecque pour s’y faire exa-miner par les médecins ottomans 1 . C’est à tort que, sur un grandnombre de cartes, Camaran est désignée comme île anglaise; elle appar-tient à la Turquie. Vers la frontière septentrionale du Yemen , le marchéprincipal est celui d’Abou-Arich.
Les bourgades^sont petites et clairsemées dans le paysd’Assir. L’anciennecapitale de la contrée, Mihaïl, est presque abandonnée à cause de l’insalu-brité du territoire; les fonctionnaires turcs ont fait choix pour chef-lieud’un autre bourg, Eplia, situé à 860 mètres de hauteur, sur une terrasseavancée des grandes montagnes; mais l’agglomération urbaine la plusconsidérable est plus à l’orient, à 2000 mètres environ, près du faîte departage entre le littoral de la mer Rouge et le désert : c’est ÎN’amuz, capi-tale du territoire des Beni-Cheïr. Le port principal d’Assir est la ville deKonfoudah; plus au nord, Lilli est en relations de commerce par terre avecla Mecque . Les villages de l’Assir ressemblent en maints endroits à ceux duKourdistan : ils se composent de tanières creusées dans le sol, n’ayantqu’une scnle ouverture à l’air et à la lumière et recouvertes de gazons etde broussailles : c’est dans ces cachots souterrains que les indigènes habi-tent avec leurs troupeaux. Les châteaux forts des cheikh ont la forme depyramides tronquées à quatre côtés et à deux ou trois étages ; en bas sonles étables, mais un escalier en pente très douce permet aux bètes demonter jusqu’à la terrasse : c’est là qu’on les garde en cas d’attaque ; les
1 Mahé, Notes manuscrites.