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«norme des pèlerins, convergent toutes vers la place centrale, occupée parla masse quadrilatérale de la sainte mosquée, Mesdjid-el-IIarain.
L'édifice, monument sans beauté, que l’on a dû souvent réparer et mêmereconstruire à cause des inondations, est un ensemble de constructionsbasses avec coupoles et minarets, formant colonnade du côté d’une vastecour intérieure. Des écoliers se groupent sous les arcades autour de leursmaîtres; les prédicateurs y pérorent, et, pendant les fêtes du pèlerinage,la foule des étrangers s’y presse en flots entrecroisés. Au centre de la cours’élève la Kaaba ou le « cube », masse quadrangulairc d’une douzaine demètres de hauteur, fermée d’une porte d’argent, qui s’ouvre trois fois paran pour les pèlerins. Dans le mur extérieur, près de la porte, est encastréela fameuse pierre noire, aérolithe dont les morceaux brisés sont retenuspar un cercle d’argent. C’est la pierre sainte qu’un ange remit à Lsmael,le père des Arabes , et qui, au jour du Jugement, prendra une voix pourtémoigner en faveur de ceux qui l’ont baisée de lèvres pures. Au-dessus del’édifice, assimilé poétiquement à une fiancée 1 , un voile de soie noire,présent du padichah de Constantinople , flotte en longs replis; ce frémis-sement de l’étoffe, disent les pèlerins, est causé par le mouvement d’ailesdes anges qui volent autour du Cube, et qui l’emporteront un jour devantle trône d’Allah . Quatre oratoires s’élèvent aux quatre coins de la tour :ce sont les lieux de prière des quatre sectes orthodoxes des maliométanssunnites : les Chafilcs, qui vivent surtout en Syrie et entre les DeuxFleuves; les llanafites, pour la plupart Jloukhares, Baloulches, Afghanset Turcs ; les Malekiles, presque tous Africains, et les Ilanbalitcs, quisont en grande majorité d’origine arabe. Dans une des chapelles jaillitune abondante fontaine, le Zemzem , eau sainte qui s’élança du sol pourAgar et lsmael, quand ils erraient désespérés dans le désert. Cette eau,qui d’ailleurs est un peu saline, est censée guérir de tous les maux, etdans les villes de l’Orient, les riches musulmans se la procurent àgrands frais ; pourtant le chimiste Frankland , qui l’a analysée, dit que« jamais il ne vit d’eau tellement souillée de matières organiques Maisjadis elle n’était pas, comme de nos jours, mêlée aux eaux d’égout. Pendantla saison du pèlerinage, le nombre des hadji, hommes et femmes, qui sepressent devant la Kaaba et la fontaine, s’élève parfois à six ou huit milleindividus. Quand tous s’inclinent à la fois comme sous un vent d’orage,se frappant la poitrine et récitant leurs prières avec frénésie, cette multi-
1 Durckhruxlt, Travels in Arabia.- Mahé, ÎSoles manuscrites.