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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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EL-XYEDJ, DJOF, MESKAKEIE

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station de quarantaine, sur la route de Suez à Djeddali; mais c’est à Torque s’arrêtent les pèlerins maugrabins pour subir la visite des médecins,comme les badji du sud dans l’ile de Camaran. Le bourg d’El-Wedj est enterre ferme, mais il n’est pas moins isolé que s’il se trouvait en pleinemer; autour de la crique ne se voient que sables et rochers; çà et là,quelques ruines de cités bâties au temps des Pharaons ou des Romainsrompent runiformité des solitudes. Les villes des anciens Nabatéens , queBurton songe à relever dans le pays de Madian pour l’exploitation desmines d’or, ne sont toujours que d’informes mines se confondant avecles rocs.

Tout le Ilamad, au sud de Palmyrc, entre la vallée de l’Euphrate et lesmontagnes du llaouran, appartient aux tribus errantes, Anazch, Cliam-mar, Roala, Moali, Iladdadin, Beni-Sakhr et Chcrarat. Les villes ou plu-tôt les groupes de villages qui s’élèvent dans une même palmeraie ne serencontrent qu’au sud du Ilamad, aux approches des montagnes côtièresde l’Arabie occidentale et du Djebel-Chammar. Au nord-ouest du grandA'efoud, l’une des cavités qui font partie de la dépression du Ouadi-Sirhau,le bassin du Djof, reste d’une ancienne mer qui serpentait entre lessteppes du Ilamad et le désert, renferme deux villes populeuses. Le litdesséché du lac où se trouve l’oasis de Djof est à l’altitude moyennede f)CÜ mètres : des puits creusés dans la partie la plus profonde dubassin fournissent assez d’eau pour servir à l’irrigation d’une oasis de5 kilomètres carrés, au milieu de laquelle se groupent quelques centainesde maisons entourées d’un mur crénelé et d’un rideau de palmiers. Quel-ques maisonnettes sont éparses en dehors de l’enceinte, et tout l’espaceenvironnant est une étendue saline resplendissante de blancheur, où ça etlà, près des puits, des bouquets de palmiers font des taches sombres. Deuxchâteaux forts dominent le dédale des ruelles et des places. Au nord-est,une autre ville, Meskakeh, un peu plus populeuse que le Djof, occupe lefond d’un autre creux, jadis lacustre, moins régulier et plus coupé deravins; elle est également commandée par un château pittoresqne, flanquéde tours rondes; des jardins occupent jusqu’à la dernière motte des terresirrigables, et les maisons sont propres et parfaitement entretenues. Le Djofet Meskakeh, dont la population est presque aussi mélangée que celle dubassin de l’Euphrate, est une dépendance politique du Nedjed . Les Turcsoccupèrent temporairement les oasis du Djof, et le souverain dcA’edjed payeun léger tribut annuel au chérif de Médine, en hommage pour ces posses-