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ÉLOGE
des artifices dispendieux. Haller ajoute un autre trait non moinscaractéristique de l’exactitude et des soins avec lesquels Olivier de Serres a écrit, c’est qu’il est le premier agronome qui nousait donné en détail l’histoire de la pomme de terre, alors assezrécemment apportée d’Amérique . L’influence de la découvertedu Nouveau-Monde , qui a changé, à tant d’égards , la face del’ancien Continent, n’étoit pas encore bien appréciée ; on ne faisoitattention qu’aux mines du Pérou ; mais la conquête de la pommede terre, plus précieuse que les mines, ne pouvoit échapper au génied’O l iv ier de Serres.
Dès 1738 , dans un petit ouvrage latin , sur le genre de l’ail,Haller avoit cité la méthode indiquée par Olivier de Serres pour faire grossir les aulx.
M. Arthur Young , dans son voyage en France , avant la révo-lution , a voulu se faire conduire au Pradel ( ancien domained’OLiviER de Serres , occupé aujourd’hui par M. de Mirabel,héritier d’OLiviER de Serres par les femmes). M. Youngparle du Pradel et de notre Olivier avec enthousiasme. Noussavons même que , lorsqu’il apperçut de loin une vieille tour , dutemps d’OLiviER de Serres , qui existe encore, et qu’on a eule mérite de conserver dans les constructions modernes du Pradel,il descendit de cheval, et salua ce monument antique et vénérablepar des génuflexions et des exclamations multipliées. La publica-tion du voyage de M. Arthur You?ig n’a pas peu contribué àréveiller, en France , l’attention publique sur la culture en général,et en particulier sur Olivier de Serres . Mais il faut l’entendrelui-même.
« Arrivé à Villeneuve-de-Berg , le 20 Août 1789 , je demandai,» dit-il , où l’on pouvoit trouver, dans ce pays , Pradelles , dont» étoit seigneur Olivier de Serres , écrivain fort célèbre sur» l’agriculture, pendant le règne d’Henri IV . On me montra , sur-» le-champ, de la chambre où nous étions , la maison qui lui