XXX
ÉLOGE
» (continue encore M. Young) qu’elle fût, pour toujours, exempte» d’impôts. Celui dont les écrits ont jeté les fondemens de l’amé-» lioration d’un royaume , devroit laisser à la postérité quelques» marques de la reconnoissance de ses compatriotes. Quand on» montra au présent évêque de Sisteron la ferme de de Serres ,» il dit que la Nation auroitdû élever une statue à sa mémoire. Ce» sentiment n’est pas sans mérite , quoique ce ne soit qu’une ex-» pression ordinaire. » ( Voyages en France , pendant les an-nées 1787—1790 , par Arthur Young , traduits par F. Soulès ,tome II, in- 8°. , page 4 1 - )
Tel est le témoignage solemnel, énergique et pur , que rend àOlivierde Serres un illustre étranger! Sans doute, il est beauqu’un Anglois , lui-même agronome célèbre , soit venu du fond deson Isle, pour s’incliner avec respect devant une tour du Pradel.Il ne faut pas croire pourtant que tous les François fussent égale-ment insoucians sur Olivierde Serres, et eussent besoin qu’unAnglois vînt leur apprendre à l’estimer. Ce qu’il nous dit lui-mêmed’un évêque de Sisteron , prouve qu’un prélat catholique disoithautement que la France devoit une statue à Olivier de Serres .En attendant cette statue, d’illustres écrivains françois avoient déjàrendu au génie d’ Olivier des hommages peut-être plus durableset plus flatteurs que les monumens publics.
Le savant Boissier de Sauvages , qui a beaucoup écrit sur laculture du mûrier et sur les vers à soie , met OlivierdeSerresà la tête des écrivains qui ont traité de cette matière.
Olivier, dans le même temps, recueilloit à Bordeaux un suf-frage d’un bien grand poids. Dans une notice biographique surJ. B. Secondât y fils de l’illustre Montesquieu , nous voyons queM. de Secondât s’occupoit particulièrement de la partie d’histoirenaturelle qui regarde l’agriculture, et, qu’entre autres livres d’agro-nomie qu’il affectionnoit, ilsavoitpar cœur Olivierde Serres.M. de Secondât est mort en 1796 , âgé de soixante-dix-neuf ans ;