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ÉLOGE
sans doute , ce vœu fut inspiré par la lecture du livre d’OiuviERjet, quand je le répète en présence de son portrait , il me semblele voir sourire.
C’est déjà quelque chose que d’avoir un portrait fidèle de celuiqu’on admire ; mais on voudroit encore quelques traits de sa vie,quelques détails sur sa conduite, ses occupations et ses diverses ha-bitudes. La peinture physique nous est moins chère encore que laressemblance morale. On a dit que la vie d’un homme de lettres esttoute entière dans ses écrits. Ceux d’OuviER de Serres suf-fisent , sans doute, pour le faire connoître de la manière la plusavantageuse ; mais plus on aime les ouvrages, plus on désire de sa-voir si l’auteur valoit autant que ses livres , et si l’homme privé nedémentoitpas l’écrivain. Deux cents ans se sont écoulés depuis la pu-blication du Théâtre d’Agriculture ; en reproduisant cet ouvrage,il seroit doux de pouvoir dire : voilà quel fut l’auteur , et voici ce quinous en reste. Tout ce qui viendroit d’un tel homme , deux sièclesaprès lui, nous intéresseroit vivement. Par exemple , on voit avecplaisir, que le C. Gilibert, professeur de botanique à Lyon (dansla quatrième édition des Démonstrations élémentaires de Bo-tanique ) , a soigneusement remarqué qu’il a vu, près de Béziers ,des mûriers plantés par Ol ivi er de Serres, sous Henri IV ,et qu’en 1796, ces mûriers , d’une grosseur énorme , avoientquinze à dix-huit pieds ( cinq à six mètres) de circonférence. On seplaira , sans doute , à lire aussi la lettre que m’a fait l’honneur dem’écrire , au sujet d’OnviER de Serres, un des illustresprofesseurs de notre Muséum d’histoire naturelle, le C. Faujasde Saint- Fond > à qui j’envie l’avantage qu’il a eu de voir lePradel (*). Mais on trouve trop peu de détails de ce genre.
Il est triste qu’on ait perdu les papiers et les manuscrits , quifurent vraisemblablement laissés par Olivier de Serres . Il
(*) Cette lettre fera partie des pièces annexées à la suite de cet Éloge.
paroît