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Grâce à toi , du mûrier et l’écorce et la feuilleEnrichissent deux fois celui qui les recueille.
Les soins que tu prescris, tu les as éprouvésDans les champs paternels par tes soins cultivés.
D’autres ont, avant toi, paré leur théorieD’une façon d’écrire, ou plus ou moins fleurie ;
Leurs conseils pour les champs, sont donnés dans Paris ;Mais toi seul, de ta ferme as daté tes écrits.
C’est là , c’est au Pradel , que depuis douze lustres ,Méprisant sagement des destins plus illustres,
Laboureur assidu de tes propres guérets,
Tu dis ce qu’on doit faire, et dis ce que tu fais.
Ce n’est pas toutefois qu’une aveugle manieDans ton pays natal confinant ton génie ,
T’ait réduit à ne voir jamais que ton clocher :
Ulysse n’auroit pas illustré son rocher,
S’il n’eût osé quitter Ithaque et les Cyclades ;
Mais ce prince observant les moeurs de vingt peuplades ,Sut enfin, dans son. île, après de longs hivers,
Rapporter un esprit mûri par ses revers.
On dit qu’il fut conduit par Minerve elle-même ,
Du sage voyageur ingénieux emblème !
Toi, plus prudent qu’Ulysse , et non moins exercé,
Tu ne t’arrêtas point, comme lui, chez Circé .
Ton second frère, hélas ! qu’on admire et qu’on pleure ,Suivit, comme toi-même , une école meilleure jIl fut, chez les François , l’élève de Platon ,
Lorsque tu leur rendois Columelle et Caton.
Quand les troubles civils tourmentoient ta patrie,
Des peuples étrangers tu connus l’industrie;
Étudiant par-tout le ciel et le terrein,
Aux bords du lac Léman , sur les rives du Rhin ,
Par la main de Cérès ta course étoit guidée ;
Et dans tous les climats, fidèle à ton idée,