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Tome I.
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D’OLIVIER DE SERRES .

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De l’art de cultiver, maître simple et fidèle ,

De Serres, tu donnas la règle et le modèle.

Le modèle des rois est l’ami de nos champs.Henri, de ton travail sent les charmes touchans ;

Des tristes laboureurs il a connu les peines;

Il aime leurs vertus ; il veut payer les tiennes.

Malgré tes soixante ans, et quoique dans les coursLes vieillards au rebut soient mis presque toujours,Dans la sienne pourtant le grand Henri t’appelle :Elle est digne de toi; mais es-tu fait pour elle?Iras-tu, mon ami, laboureur fastueux,

Pour ce Paris si grand et si tumultueux,

Déserter du Pradel les paisibles ombrages,

T’arracher à tes champs , fuir loin de tes bocages,Quand notre- âge, épurant nos penchans et nos goûts ,Nous prescrit d’être en paix et de vivre pour nous ?L’homme se doit au moins la fin de sa carrière.

Ah ! de l’ambition la fièvre meurtrièreEst un vautour secret qui dévore le cœur.

Pourquoi rester en proie à ce vautour rongeur ?Mettons, mettons un terme à la gêne importune ;Disons, il en est temps : Adieu, vaine fortune !

Adieu, trompeur espoir ! illusions des cours,

Rêves de la faveur, laissez-moi pour toujours ! .

Tel fut cet empereur, jardinier dans Salone (1);

On eut beau le presser de remonter au trône :

« J’ai régné , disoit-il, je trouve bien plus doux» D’aligner au cordeau ma laitue et mes choux. »

Tel ce vieux courtisan, retiré dans ses terres ,

Ayant goûté sept ans leurs plaisirs solitaires ,

» ment esté jugée autant vaine , que l’effect l’a depuis approuvée utile et profitable. »( Théâtre d’Agriculture, Lieu VII, chapitre I.) L’auteur de l’Eloge couronné à Mont-pellier , rapporte que l’on croit trouver encore au Pradel des lambeaux , c’est-à-dire , desdébris de cet aqueduc.

(i) Dioclétien. (Voyez Aurelius Victor .)