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et les ouvrages généraux qui lui sont consacrésne consistent guère que dans un petit nombrede compilations plus ou moins estimées.
Les travaux des Anciens sur cette matière ,sont recommandables , sur-tout par les véritésde pratique qu’ils contiennent. S’ils sont ternispar des préjugés qui tenoient alors à l’état desconnoissances physiques, leurs auteurs ont aumoins, sur un très - grand nombre d’ouvragesdes Modernes, l’avantage précieux de ne s’êtrepoint égarés dans des théories plus ou moinsvaines , et de parler seulement de ce que l’expé-rience leur avoit enseigné. On ne s’étoit pointencore avisé de créer l’art, devenu trop com-mun, d’écrire surdes matières qu’onn’entendoitpoint, et de croire que des formes brillantesvalussent mieux que des vérités utiles.
Un des plus anciens écrivains François ,parmi les auteurs de traités généraux sur l’éco-nomie rurale , est encore , dans cette carrière ,le premier de tous. Cet auteur, trop peu connu ,est Olivier de Serres , et son ouvrageprincipal, le Théâtre d’Agriculture , qui a étéréimprimé un grand nombre de fois. «Ce grandet bon ouvrage , dit H ciller, est celui d’unhomme expert qui préfère les moyens simples àceux d’une grande dépense (1). » Malgré unassez grand nombre d’éditions , il existe à peinepour les hommes auxquels il étoit consacré ; ce-pendant ceux de ses copistes sont très-répandus :il y a peu de cultivateurs qui ne connoissent,par exemple , la Maison rusticjue de Liger, ouquelques autres traités du même auteur. A lavérité, le langage suranné d’OLiviER de Serres a dû empêcher, dans ces derniers temps , qu’ilne fut connu autant qu’il méritoit de l’être; maisla plus grande difficulté de l’ancien langage dis-paroît, en changeant seulement l’ancienne or-thographe , ce qui peut se faire sans altérer lapureté du texte d’un auteur ; c’est un sacrificenécessaire dans les ouvrages destinés , commecelui-ci, à être généralement répandus.
Olivier de Serres , à-peu-près contem-porain de Montaigne , eut de grands rapportsavec ce philosophe. Comme Montaigne , en selivrant à l’étude , il sut échapper aux horreurs
(1) Bibliotheca Botanica, tome I, page 396.
des guerres civiles. Tous deux reculèrent lesbornes des connoissances auxquelles ils s’ap-pliquèrent , connoissances fort peu répanduesalors, quoiqu’elles fussent cependant du nombrede celles qui devroient être les plus familièresaux hommes ; leurs moyens furent différens ,mais également victorieux , parce qu’ils étoientbienassortis àleurs sujets: l’un parvint à son butpar le doute ; l’autre, en affirmant. Montaigne ,tout en humiliant l’amour-propre de l’homme ,intéresse cependant celui de ses lecteurs, en dou-tant avec eux ; Olivier les force à le suivre ,en leur parlant de leur intérêt. Tous deuxjouirent , pendant leur vie , de la confiance deleurs concitoyens, et de la considération qui doiten être la suite : Montaigne fut maire de Bor-deaux , entre deux maréchaux de France ; ilparut avec éclat aux Etats de Blois , en i 588 .Olivier fut appelé et consulté par Henri IV ,il rapporte ses conversations avec ce souverain:ce fut d’après les conseils d’O livier que lejardin des Tuileries fut planté en mûriers blancs,et qu’à une de ses extrémités il fut élevé un bâ-timent pour l’éducation des vers à soie ; c’est àlui qu’on eut alors l’obligation des plantationsde mûriers qui furent faites dans les généralitésde Paris , Orléans, Tours et Lyon : le premier,en France , il publia qu’on pouvoit faire de bellesétoffes avec l’écorce des branches qu’on re-tranche à la taille de ces mûriers ; et ce n’est queplus d’un siècle après , que des voyageurs célè-bres nous firent connoitre le parti que les habi-tans de la mer du Sud tiroient aussi d’une autreespèce de mûrier (Broussonetia papyrifera, ouMorus papyrifera } L. ) pour un semblable em-ploi. Il indiqua encore , pour le mûrier blanc ,d’autres emplois économiques.
Les ouvrages que nous connoissons d’OLiviERde Serres , sont : i°. LaCueillette de la Soie ,qui parut en 1 5 çg ; 2°. Le Théâtre d 1 Agricul-ture ; 3 °. La Seconde richesse du meurier blanc .Ce dernier ouvrage, qui parut en i 6 o 3 , futréimprimé en 1785 , à la suite d 'Opuscules bo-taniques de Pierre Richer de Belleval , par lessoins du C. Broussonet, notre collègue. Il enparle ainsi dans sa préface :
« La découverte de filer l’écorce du mûrierblanc appartient entièrement à Olivier de