Band 
Tome I.
Seite
LXXIX
JPEG-Download
 

A L’ÉLOGE D’OLIVIER DE SERRES .

lxxix

» risses , selon l’ancien usage de toutes les Na -» tions , et selon ces règles de démence trans-» mises de siècle en siècle. Les enfans recevoient» ainsi le don de prophétie , etc. 33

Ce passage , où Voltaire a voulu vraisembla-blement se moquer des prophètes, a-t-il rapportà un de Serres , de la famille d’O liviik?Seroit-ce, par hasard , ce M. de Serres , dontparle Prosper Marchand , qui mourut en pri-son dans le château de Guise ? ( Voyez ci-de-vant, pages xxxviij etlxj. ) C’est ce que rien nem’a appris, et ce qui est indifférent au Théâtred’Agriculture.

N*. VIII.

Extrait d’une lettre du C. Favjas,Professeur au Muséum, d’Histoire naturelle.

A Saint-FonJ, par .Lauriol, départementde la Drôme , le 26 îfivose an X.

Je viens de recevoir, au retour d’un voyage,la lettre par laquelle vous m’apprenez que laSociété d’agriculture de Paris a arrêté qu’elles’occuperoit tout de suite d’une nouvelle édi-tion , avec des notes , du Théâtre d’Agricultured’O livier de Serres. Les Commissairesqui ont été nommés pour exécuter cet hono-rable travail, s’en acquitteront à merveille , jen’en doute pas ; et le service réel qui sera renduaux cultivateurs, sera le monument le plus utileet le plus durable que toutes les Sociétés d’agri-culture des villes ayent jamais rendu au premierde tous les arts.

Il y a plus de trente ans que je mets en pra-tique les préceptes d’OuviiE dï Serres,et je les trouve parfaits; il est vrai que c’est dansune possession d’une assez grande étendue, quiest sous le même ciel , et à une distance peuéloignée de celle où le père de l’agriculturefrançoise faisoit de si belles expériences.

Cet écrivain admirable a eu toujours un sigrand charme pour moi , que j’ai recueilli avecsoin , et réuni dans ma bibliothèque , toutes leséditions de son livre , non seulement celles quiont paru pendant qu’il vivoit, mais celles qui ontété réimprimées après lui, à commencer de lapremière édition in-folio , jusqu’au petit et rare

traité de la Cueillette de la soye , en un volumein-12 (1).

J’ai fait plusieurs voyages au Pradel, où j’aifait dessiner, avec beaucoup de soin, tout ce quireste de ses jardins, ainsi qu’une charmante vuede la grande et belle prairie qui étoit en face desa maison , disposée en pente douce , arroséepar une fontaine qui est à la tête, et bordée danstoute sa longueur, qui est considérable, d’untriple rang de magnifiques chênes , qui donnentà ce beau lieu l’aspect d’une décoration théâtrale;le fond du tableau est terminé par une montagnevolcanique noire , couronnée par des colonnadesde basalte , au pied desquelles est le village etle château gothique de Mirabel , dans le dépar-tement de l’Ardèche .

C’est la vaste et longue prairie dont je viensde parler, qui a donné son nom au Pradel, dontOlivier de Serres étoit seigneur: elleest telle qu’elle existoit du temps de l’auteurdu Théâtre d’Agriculture. Le château a été in-cendié trois fois du temps des guerres de reli-gion ; une seule tour est restée sur pied, et ona eu le bon esprit de la conserver dans les nou-velles constructions.

Un des descendans d’ÛLiviER de Serres ,du côté des femmes , M. de Mirabel, seigneurde la terre de Mirabel dont j’ai parlé ci-dessus,a quitté cette terre pour faire sa résidence auPradel ; c’est un homme très-estimable. Il vou-lut bien me confier , il y a trois ans , un petitportrait, fait dans le temps au lavis, d’O livierde Se R R e s , portrait qui, sans être bien fait,a du caractère, pour un ouvrage ancien : il n’yavoit que la tête de terminée ; on lit, au bas ,en écriture ancienne, faite à la plume , que ceportrait d’O livier de Serres a été peintpar son fils, seigneur de Lérise.

J’ai fait copier ce portrait à Paris , par untrès-bon peintre, il est très-ressemblant à côtéde l’original , et je l’ai ensuite fait graver : lecuivre est en mon pouvoir. C’est absolument leseul portrait qui existe de ce célèbre agriculteur;

( 1 ) Le C. Faujas se méprend ici : ce petit traité, ainsique celui de i6o3 , sont in-8°. Voyez la notice biblio-graphique des ouvrages d’ÜLiYiER de Serres , ci-après. (H.)