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PIÈCES RELATIVES
car j’ai fait faire toutes les recherches posssiblesdans l’immense collection de portraits idu re-cueil des gravures de la Bibliothèque nattionaleet ailleurs, et jamais l’on n’a rien trouvé.. Si ceportraitpeutintéresser l’édition qu’on se proposede donner , j’en céderai avec plaisir le c;uivre ,en n’exigeant que mes déboursés (1). Je tenoisce portrait en réserve, parce qu’ayant recueilliquelques matériaux pour sa vie , je me propo-sois de la publier un jour, avec celle de BSernardPalissy ; mais l’histoire naturelle , et pparticu-lièrement la géologie , exigeant de moi encoredes voyages et de longs travaux , je renonce en-tièrement à ce projet ; et je suis charmé que lesénateur François ( de Neuf château ) veuiille s’enoccuper. J’aurois bien voulu pouvoir lui ccommu-niauer tout de suite ce que j’ai recueilli.; maistout est à Paris , et je ne peux m’y rendire qu’àla fin de Mai. D’ici là , je tâcherai d’allier faireune nouvelle incursion au Pradel, où je suisbien aise de vérifier encore quelques faitss.
Je pourrai vous donner aussi quelqiues ob-servations assez piquantes , au sujet de certainsarbres plantés par Olivier de Sirkes, etqui existent encore dans toute leur forcte ; et jevous ferai part de quelques détails sur le pre-mier mûrier planté en France et apportté de ladernière croisade , par un Guy-Pape de'. Saint-Auban, seigneur d’Allan, à une lieue dei Mon-télimar. Olivier deSerres fait nnentionde cet arbre , et détermine son âge à l”époqueoù il écrivoit son Théâtre d‘Agric ultuire. Cetantique mûrier existe encore ; M. de lai Tour-du-Pin-la-Chaux, mon ami, qui avoit lia terred’Allan , comme douaire de sa femme , fit res-pecter ce monument d’agriculture, en ll’entou-rant d’un mur, et en défendant qu’on en reecueillîtla feuille. Il est encore sur pied , ses gramds brassont maigres et caducs , et son tronc estt séparéen trois parties ; mais il se couvre enicore , àchaque printemps, de bourgeons, de fruiits et defeuilles , malgré tant d’hivers qu’il a brarvés : ses
(i) Celui que nous devons au C. Caffarelli, < e t qui esten tête de cette édition , a été gravé égaliememt d'aprèsle portrait original, par B. Roger, sous la dirrection duC . Guérin , peintre , dont les talens sont biem connusdans ce genre. (H.)
descendans couvrent à présent le sol de tout lemidi de la France , l’on pourroit même dire dela France entière , et produisent à l’Etat un re-venu de plus de cent millions , en soie brute ,et de plus de quatre cent millions en soie indus-trielle. Voyez, d’après cela , combien un seulhomme , ami de l’agriculture , a mérité de sonpays , et lui a fait du bien , sans faire répandreune larme; et cet homme est à peine connu !
Signé F au J a s.
N°. IX.
Souscription pour un Monument à élever àla mémoire d’ Olivier de Serres , proposéeparle C. Charles Caefarelli, préfetdu département de V Ardèche, aux Amateursde l’Agriculture.
Les anciens peuples ne sachant commentreconnoître ce qu’ils dévoient aux agriculteursqui leur apprirent à semer et à recueillir du bléau lieu du gland qu’ils mangeoient dans les fo-rêts , en firent des dieux. Cette exagération,que l’importance d’un pareil service rend conce-vable , a perdu, à travers les siècles , tout sonmerveilleux; elle est tombée avec les statues deces hommes déifiés, avec le culte qu’on leurrendoit ; et le nom des premiers bienfaiteurs del’humanité est aujourd’hui relégué dans les ou-vrages mythologiques.
L’histoire a conservé le souvenir de quelquescultivateurs célèbres , de leurs ouvrages, de cer-taines familles dont le nom tiroit son illustra-tion des légumes qu’ils enseignèrent à cultiver ;mais elle nous dit bien peu de choses des hon-neurs publics qu’on leur rendit.
Ainsi s’est éteint ce sentiment de reconnois-sance dont les hommes s’étoient pénétrés pourleurs premiers , pour leurs véritables amis ;mais ce devoir n’en est pas moins imposé auxGouvernemens qui se sont enrichis par leurs dé-couvertes et par l’exemple de leurs travaux.
Cette reconnoissance ne doit pas être un sen-timent stérile , elle doit se manifester par desmonumens qui instruisent les citoyens à l’amourde leur patrie , et leur donnent cette émulationdont le germe enfante les vertus et les talens.
En