ESSAI HISTORIQUE
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Par le C. GRÉGOIRE.
L’éternel Ordonnateur des mondes a disséminé sur la terre les germesréparateurs de tous les êtres , qui , jouissant de la vie, sont, par - là même,condamnés à la perdre.
Ministre de ses volontés , la nature féconde obéit à la voix de l’homme, qui,par l’agriculture , agrandit le domaine de ses jouissances, et recule , pour ainsiaire, les bornes de la création. Rien ne seroit plus curieux et plus utile qu’une his-toire détaillée de ce qu’ont fait, en traversant les âges, dans les différentes régions,les sections diverses de la famille humaine, pour se nourrir, se vêtir et s’abriter.Les aberrations de l’esprit systématique , les pratiques vicieuses , les préjugésridicules ou désastreux, ne doivent pas échapper aux recherches de l’historien.Il importe également de faire connoître les erreurs qui marquent l’écueil, et lestentatives couronnées de succès, qui indiquent la route. C’est ainsi que le passédevient l’héritage de l’avenir ; et quoique, suivant l’expression de Fontenelle }les sottises des pères soient perdues pour leurs enfans, l’histoire , en indiquantles maux , montre les remèdes, comme si, à raison de leur efficacité, onpouvoit se promettre que les hommes auront toujours soin d’y recourir.
Mais où trouver les monumens dont se composeroit cette histoire ? Où puiserles détails circonstanciés de ce qu’ont fait les peuplades humaines pour seconderla fécondité de la nature, pour vaincre les obstacles résultans du sol et du climat,pour les défrichemens, le saignement des terres inondées, l’irrigation des terreinssecs, la cicuration{\ ),l’éducation, les maladies des animaux associés aux travauxet aux besoins de l’homme , la nature et l’emploi des engrais , l’assolement desterres, l'acclimatement et la culture des plantes céréales, oléagineuses, textiles,tinctoriales et à fourrages, celle des arbres à fruit, et spécialement celle de
(i) Je hasarde ce mot, d’après le verbelatin cicurare. Notre langue n’offre rien qui
le remplace : apprivoisement ne dit pas assez ;domestication seroit barbare.