ESSAI HISTORIQUE
Limatli, à sa sortie du lac. Ce moyen, également employé dans le Piémont, laci-devant Provence , et dans quelques parties des Vosges , est cependant troppeu répandu.
Campomanes , censeur de l’ouvrage, regrette qu’il n’ait pas été connu deHerrera, qui en auroit profité pour décrire quelques espèces de fruits et de plantes,cultivées dans les provinces méridionales de l’Espagne , mais inconnues au centrede ce pays , comme le caroubier, le cotonier et le riz. Cette dernière cultureavoit été prohibée plusieurs fois en Espagne , entr’autres par Pierre II, dansle royaume de Valence. Alonzo avoit même statué que les infracteurs de cettedéfense seroient punis de mort.
Communément on attribue l’état languissant de l’agriculture, dans les partiesalors possédées par les Espagnols , aux guerres qu’ils eurent à soutenir contre lesMaures5 cependant ceux-ci, en maniant l’épée, n’avoient pas négligé la charrue.Au seizième siècle , les Espagnols s’éveillèrent, ainsi que les peuples voisins :la découverte de l’Amérique pouvoit seconder leurs efforts agronomiques ; maisl’espérance d’y faire rapidement et avec facilité des fortunes colossales, s’étoitemparée des esprits ; d’un autre côté, \a. grandesse et le désir de s’avancer à lacour tenoient les riches propriétaires éloignés de leurs domaines : ajoutez à celaque la législation et la politique furent, comme elles le sont très-souvent, enopposition avec le vœu et le bonheur du peuple.
Alors, cependant, parurent beaucoup d’écrivains sur l’art vétérinaire, l’agri-culture, etc., dont M. Rodriguez publia, il y a treize ans, un catalogue (1); telest , entr’autres, Reyna (2), à qui Feyjoo attribue la découverte de la circulationdu sang ( 3 ). M. Rodriguez la donne au fameux Servet, autre Espagnol , anté-rieur à Reyna ; mais Dutens revendique cet honneur pour les Anciens ( 4 )-
Parmi les écrivains géoponiques de l’Espagne , vers le temps d’O livierde Serres, on cite encore Louis Perez, auteur d’un Traité sur le Chien et le Cheval , considérés dans leurs rapports avec l’agriculture ( 5 ) ; Jean deArrieta, auteur du Despertador ( l’Excitateur), excellent discours sur la fertilitéde l’Espagne , réimprimé dans la dernière édition de Herrera (6) ;
Gregorio de los Rios, qui disserte sur les jardins (7); Gutierrez de Sati-nas (8) ; Aguslin, auteur des Secrets de VAgriculture, qui parurent en 1617;traité bien fait et réimprimé avec l’augmentation d’un cinquième livre qui étoitresté inédit (9) 5
Lopez de JDeça qui, en 1618 , se plaint amèrement du manque de labou-
(1) Catalogo de algunos autores Espa-noles que han escrito de Veterinaria, deEquitacion, y de Agricultura , etc. Madrid ,1790 , in- 4 °-
(2) Libro de Albeyteria. Burgos , i 564 ,
in-4 0 .
( 3 ) Theatro critico, etc. Madrid , 1764,in~ 4 °., tome VIII, discours XII, page 4^9.
( 4 ) Recherches sur l’origine des découvertesattribuées aux Modernes. Paris , 1763,in-8 0 ., troisième partie, chap. III.
( 5 ) Del Perro y del Caballo. Valladolid ,i 568 , in-8°.
(6) L’ouvrage avoit déjà paru à Madrid en i 58 i, in-8°.
(7) La Agricultura de Jardines. Madrid ,i 5 qi , in-8°.
(8) Discursos del Pan y del Vino , etc.Alcala , 1600 , in- 4 °.
(9) Libro de los Secretos de Agricultura ,casa de campo y pastoril. Perpinan , 1626 ,in- 4 °.
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