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ESSAI HISTORIQUE
par lesquels on fixe le prix des grains, tirent parti de leurs terres, sur-tout àScio, à Naxos ; mais il faut en excepter l’île de Crète , où les laboureurs sonttourmentés et découragés. Notre collègue Olivier, qui a donné des observa-tions curieuses sur cet objet, regrette qu’ils n’ayent pas la pomme de terre ,que peut-être ne leur envieroit pas l’avide musulman (1). Leur agriculture estdonc une connoissance traditionnelle sur laquelle ils n’ont rien d’écrit 5 on n’aque l’ouvrage en grec vulgaire, du moine Agapius , publié il y a plus de centcinquante ans , qui a copié les Anciens sur l’art de planter et de greffer (2).Notre collègue Ameilhon se propose d’en donner une notice.
Qu’importe d’avoir pour maître un pacba ou un magnat, si l’on est asservi?Le régime féodal exerçoit en Hongrie toute sa force au seizième siècle. On voitdans la collection des lois de ce pays, à quoi se bornoient les droits des labou-reurs, à l’exemption des travaux gratuits pendant la moisson et la vendange(3).La défense de quitter la Hongrie atteste que l’oppression pesoit sur eux.
Cet état de choses est un peu modifié depuis que les lumières y ont pénétré :l’école d’économie établie récemment à Keszlhely, dans le comtat de Tzalader ,par le comte George Festetil (4) , les Élémens d’agriculture, publiés parMitterpacher, à l’usage des écoles hongroises (5) , sont des monumens hono-rables pour les auteurs et utiles pour leurs concitoyens.
Mais que pouvoit être l’agriculture, dans un pays où actuellement encore elleest si peu avancée? La plus grande partie des terres n’y reçoivent pas d’en-grais : les liabitans prétendent que leur sol est assez riche ; et par une contra-diction étrange , ils le laissent reposer tous les trois ans (6).
Nicolas Olaus, qui écrivoit au seizième siècle, faisant l’énumération des vinsfins de Hongrie , ne mentionne pas le Tokai, sur lequel, en 1744 > Matolai deZolna publia une dissertation curieuse (7). Cet écrivain, qui étoit Hongrois ,nous apprend que, depuis i566 à i6o5, les vignes de son pays furent souventravagées par la guerre et par l’intempérie des saisons. On ne citoit alors que levin de Sirmich : on n’a parlé, dit-il, du Tokai, que depuis l’extinction de la racedes rois de Hongrie . Townson fixe au temps de Ragotzki l’époque à laquellece vin obtint de la célébrité (8).
( 1 ) Voyage dans l’Empire Othoman , etc.Paris , anlX, in- 4 °., tome I, page 4 i 3 .
(2) BioAi'âv TEnnONIKON , ùç to
ônolov vrtfn%ovTUi Eofiiynua; S-»vft*riÛTUTtits ,zrSi xiyTfuvaiiTai, etc. Enrttjirif, 1745, in- 8 °.C’est une édition nouvelle de cetouvrage, quiest mentionné plusieurs fois par du Cange,dans le Glossarium infimœ grœcitatis.
( 3 ) Jus Hungaricum, tom. II , pag. 32 g.
( 4 ) Magazin encyclopédique , N°. V ,an XI.
( 5 ) ReiRusticccElementa, in usum Acade-
miarum regni Hungariœ conscripta. Rudce ,1777,2 vol. in-8°.
(6) Travels in Hungary, by R. Townson .London , 1797 , in- 4 °. , pag. 23 o.
(7) Disquisitio physico-medica de ViniTokaiensis Culturâ, Indole , etc. , dans lesActa physico-medica Academiœ Cœsareæ ,etc. Norimbergœ ) 1744 > in- 4 °-j tom. VII,Appendice .
(8) Travels in Hungary, etc. , pag. 262.— Voyez encore ci-après la note (99) du troi-sième Lieu, page 36 o et suivantes.