SUR L” AGRICULTURE.
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S'tuède j Danemarck.
A mesure qu’on s’avance vers ces régions glacées où la nature, presquetoujours dans la douleur , soiurit rarement à ceux qui les habitent, on les voitdéployer leur activité et luttcer avec succès contre l’âpreté du climat.
Un des ouvrages les pluts curieux concernant l’agriculture du Nord , àl’époque d’ÛLiviER de Serres, est celui à'Olaus Magnus , archevêqued’Upsal (1). Au treizième liwre, qui a pour objet l’agriculture , Olaus nousapprend que le millet, les po>is chiches, les concombres , le melon, le cardon ,avoient été long-temps inconnius dans ces pays ; mais le froment fournissoit deriches moissons.
On faisoit sortir le grain «des épis par le piétinement des chevaux $ on leconservoit long-temps dans dles caisses de bois de chêne j on y conservoit demême, pendant plusieurs anniées , la farine bien pressée. L’auteur entre dansquelques détails sur la panification. Il raconte qua la naissance d’un enfant,on faisoit une espèce de paint qui se conservoit sans putréfaction jusqu’à sonmariage.
Gustave Vasa défendit l’ex;portation des grains de Suède : sans cela l’agri-culture eût éprouvé des améliiorations sensibles. Du reste, il la favorisa surcertains articles 5 mais son fils Eric XIV désorganisa tout.
Les cultivateurs s’aidoient réciproquement pour transporter les engrais ; unrepas d’amitié, dit Olaus , p;ayoit cet acte de complaisance.
L’auteur donne des détaihs précieux sur les animaux domestiques, leursqualités, leurs maladies. Un chapitre traite des rennes. Ici nous intercalonsun fait puisé dans Cateau ( 2.). Le premier règlement, en Danemarck, surl’éducation des chevaux , est <de l’an 1686.
Olaus rapporte une anecdiote curieuse sur la détronisation de Christiern II,roi de Danemarck. Il avoit diéfêndu aux Goths et aux Suédois l’usage des ba-listes , ou arbalètes, pour tueiv les bêtes féroces qui dévoroient leurs troupeaux.Une inquisition tyrannique Jfit brûler beaucoup de balistes 5 mais aussi onen avoit caché beaucoup. Lat multiplication des animaux nuisibles porta lemal à son comble. Les labcoureurs furieux se rassemblèrent au nombre dequarante mille, et, armés dte balistes, ils chassèrent à travers les forêts dela Smaalande le roi et ses saitellites. « Leur exemple , ajoute l’écrivain, est» une leçon à la postérité ; il apprend aux hommes de l’avenir qu’en obéis-» sant aux rois et aux princes , ils ne doivent pas se laisser dévorer, ni leurs» troupeaux, par les bêtes ferroces. Que les princes , dit - il, soient en garde» contre les délateurs et les aidulateurs, ils n’auront rien à craindre des arcs» ni des flèches ( 3 ). 33 Les imsurrections, nommées improprement révoltes ,
(1) Historia de Gentibus Septemtrionali-bus, earumque diversis Statibus ,, Condi-tionibus , etc. Romcç , 1 555 , in-foll.
(2) Tableau des Etats Danois, ette. Paris ,1802 , in-8°., tome II, page 1^1.
( 3 ) « Documentumposteris prœbœntes , ut
sic regibus et principibus obediant, ne se ,atque proies, et jumenta sua bestiis permit-terent devoranda. Caveant principes à de-latoribus , adulatoribus , et susurronibus :et de arcubus , ac sagittis non erit formi-dandum. 33 Lib. XVIII, cap. XIV.