SUR L’ AGRICULTURE.
cxv
progrès
lumières ?
Nous avons dit qu’autrefois de vastes forêts couvroient le sol des contréesboréales. Les montagnes des Ardennes étoient dans le même état; mais , dès ledouzième siècle, ces dernières avoient été essartées en partie , et l’Escaut étoitrenfermé dans son lit (1).
Vers l’an 1600 , on citoit les Flamands comme les meilleurs laboureurs.Jamais un peuple ayant une agriculture si florissante n’écrivit moins sur cetobjet : il falloit voyager chez eux pour la comnoître. Ils vouloient, commeaujourd’hui, que les fermes ressemblassent à des jardins. La petite cultureétoit presque la seule admise ; la luzerne , le trèfle , le sarrazin , le turneps , yétoient abondans. Les auteurs du Fermier complet leur font honneur d’avoirles premiers mis les troupeaux dans des parcs, d’avoir découvert sept à huitespèces d’engrais , dont ils auroient dû nous donner la liste, et d’avoir semé surles terres arables des végétaux destinés à les améliorer, en s’y décomposantlorsque la charrue en avoit retourné la surface (2). Ce procédé étoit pratiquéchez les Anciens.
Cet article , je le sens trop , doit paroître bien court pour un pays presqueclassique en fait d’agronomie. En compulsant les monumens de l’histoire ecclé-siastique et civile des Provinces Belgiques , on pourroit recueillir des rensei-gnemens indirects sur l’état de l’agriculture , ett principalement sur les causes deses progrès. Si, des peuples modernes, les Flamands ont été cités comme les pre-miers qui se soient distingués dans l’agriculture - pratique , même avant leseizième siècle , à quelles circonstances du climat, ou du sol, ou des lois , oudes mœurs, ou de tous ces objets ensemble , doit-on rapporter ce succès? Quellepart y ont eue le grand nombre de villes fondée s dans ce pays , les canaux qu’ony a creusés, l’esprit de liberté qui s’y est montré, le mode de gouvernement quia favorisé ces germes précieux , ou qui n’a pu les étouffer? Pourquoi ces causesn’eurent - elles qu’une influence renfermée dans certaines limites? Pourquoil’exemple heureux des Belges ne fut-il pas suivi de leurs voisins immédiats, etc. ?Toutes ces questions seroient intéressantes, mais on sent que leur examenconduiroit trop loin. On trouveroit, à ce sujet, des matériaux détachés dansles Mémoires de Paquot, et dans quelques autres ouvrages purement histo-riques, que, par cette raison, je n’indiquerai pa s ici d’une manière plus précise.
Ces recherches utiles n’avoient pas échappé aux vues de l’Académie deBruxelles. Il est à souhaiter que l’on reprenne <ce problème , l’un des plus im-
(1) Recueil de Mémoires sur les Etablis-semens d’humanité, par JDuquesnoy , Paris ,anX, in-8°., N°*. 28 et 29, page 137.
(2) The complété Farmer : or, a generalDictiomnary of Husbandry , etc. London ,
1777 > in -4°-