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Tome I.
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CXVIII
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ESSAI HISTORIQUE

de Harlem , d’Utreclit, etc., les quatre myriamëtres de distance entre cettedernière ville et Amsterdam , qui n’étoient qu’un sable aride , et qui sont de-venus un jardin perpétuel, attestent l’industrie de ces généreux Bataves qui,actuellement, s’occupent avec succès de la culture des dunes ( 1 ).

Isles Britanniques -

Les Isles Britanniques ayant subi, comme le continent Européen , le joug desBarbares , on conçoit que l’agriculture y éprouva les mêmes désastres. Aprèsleurs irruptions vinrent les querelles sanglantes de s rois , et les peuples eurentla stupidité de s’égorger pour des disputes de succession au trône, pour desmai tresses, etc.

Des Conciles avoient quelquefois statué sur des objets d’économie rurale , dansles rapports de ces objets avec la compétence ecclésiastique. Celui de Narbonne ,de l’an io54, défendit de couper les oliviers , parce qu’ils fournissent la matièrepropre au luminaire. En Angleterre, un Concile de Calcuth , tenu l’an 787 ,avoit défendu de couper la queue aux chevaux , de les essorriller, de les rendresourds , de leur fendre les naseaux, ce que l’on faisoit par superstition ( 2 ) ;cruauté actuellement encore exercée sur les ânes em Espagne .

Qu’un pamphlétaire, nommé Donaldson, insulte les moines dans un écritque la postérité ne lui reprochera pas, car il n’arrivera pas jusques-là (3), qu’im-porte ? Des injures , en déshonorant toujours celui qpii en est 1 auteur, honorentquelquefois celui qui en est l’objet. C’est encore aux moines qu’on eut l’obli-gation d’avoir perpétué les bonnes pratiques de la culture des jardins. JYalker ,qui leur rend cette justice , remarque que leurs travaux furent détruits pendantles troubles religieux (4)- Aussi Fynes Morison , qui écrivoit sous Élisabeth ,nous apprend, dans son Itinéraire, que l’Irlande éttoit inférieure à l’Angleterrepour les fleurs et les fruits. Celle-ci fournit à l’Irlande le cerisier, qu’y portafYalker Ilawleigh dans un jardin encore existant vers Waterford (5). Ce faitappelle naturellement une réflexion sur l’introduction de cet arbre en Europe .Lucullus l’avoit apporté, dit-on, de l’Asie mineure en Italie j le témoignage del’histoire, à ce sujet, est énoncé d’une manière asse:z positive pour repousser lesdoutes : s’ensuit-il de-là que le Nord de l’Europe doive au général Romain l’ac-quisition des cerisiers ? et ne peut-on pas, comme JRozier (6), comme Poederlé,croire que dans les Gaules ils sont indigènes , puisqu’on en trouve le type dansnos forêts (7) ?

(1) Cette culture est l’objet d’un ouvrageintéressant, publié, depuis peu , par ordre duGouvernement. Tegen-woordige Staat derDuinen, etc. Leyden , 1798,2 vol. in-8°.

(2) Collectio maxima Conciliorum , perP. Labbe et G. Cossart, etc. Parisiis, 1671,in-fol., tom. VI, pag. 1872.

( 3 ) Agriculture considered as a moral andpoliticaï jDuty. London, 177Ô , in - 8°. ,pag. 46.

( 4 ) Fssay on the Kise and Progress ofGardening in Ireland , etc. , dans les Tran-sactions ofthe royal iris h Academy, tom. IV.Antiquities , etc.

( 5 ) Ibid.

(6) Dictionnaire d’Agriculture , etc. ,tome II.

(7) Man.uel de l’Arboriste et du Fores-tier Belgiques. Bruxelles , 1792, in-8°.,tome I, page i 58 .