SUR L’AGRICULTURE.
CXXJ
L’agriculture de diverses parties de la Belgique et des ci-devant Alsace ,Beauce et Normandie , peut soutenir le parallèle avec celle de la Grande-Bretagne , dont le sol est entrecoupé de fermes magnifiques et de landes àperte de vue ; mais les instrumens aratoires sont, plus que chez nous , perfec-tionnés chez les Anglois, qui en ont des manufactures. La partie la plus brillantede leur économie rurale , et sur laquelle ils laissent en arrière toutes les Na-tions , c’est l’éducation des animaux domestiques, dont ils ont toujours cherchéà perfectionner les races. Nous ajouterons incidemment qu’en agronomie ilsont pour principe , de ne jamais rester stationnaires, mais ae tendre toujours àun mieux, qu’ils ne croyent pas l’ennemi du bien, quoi qu’en dise le proverbe.
Obtenir ae la vache la plus grande abondance possible de bon lait, obtenirdu bœuf et du mouton la plus grande quantité possible de bonne viande, tel estle problème qu’ils ont résolu. Par des croisemens habilement ménagés, dansles bêtes à cornes , les bêtes à laine et les porcs , ils se sont procuré des variétéstelles, que la croissance se développe avec plus de force dans les parties les plussusceptibles de fournir une substance alimentaire : de-là cette disproportiondans la grosseur des membres de certains animaux, dont les jambes courtes ougrêles supportent un corps volumineux. Ils en ont multiplié les gravures et ilsse proposent de publier successivement celles des animaux de chaque comté jnous ne citerons que les ouvrages de Guillaume. Pitt ( 1 ), de George Gar-rard ( 2 ) , d’ Edmond Scott (3) , et nous ajouterons qu’ils joignent à ce moyencelui de les modeler en petit, et de les répandre par-tout. Garrard a forméà Londres un établissement encore unique en ce genre (4).
En i633 , Mascall, déjà cité, publia sur l’éducation du bétail un ouvrageestimé (5). Dans le nombre de ceux qui enseignent la manière d’élever et dedresser les chevaux, la supériorité paroît acquise à celui de Cavendish,duc de Newcastle, écrit en irançois, et qui parut vers le milieu du dix-septièmesiècle (6).
Hugues Platt est reconnu pour un des cultivateurs les plus ingénieuxcomme les plus modestes $ il établit dans toute l’Angleterre des correspondancesagricoles, publia, outre son Jardin d’Eden, d’autres bons ouvrages } s’occupaavec une persévérance infatigable, de rechexxhes sur les engrais, en appliquantà la fertilisation des terres le sable , l’argile, les boues des rues , la terre àfoulon , la fougère , les cendres des végétaux, etc.
Gabriel Plattes , génie original, commença ses observations sous Elisabeth ,
(1) General View of the Agriculture ofthe country of Stafford, etc. London, 1796,in-8°.
(2) A Description of the different Varie-ties of Oxen , common in the British Isles ;embellished with engravings ; etc. London,1800, grand in-fol.
(3) Proceedings of the Sussex AgriculturalSociety, from its institution, to 1798, inclu-sive. Together with engravings of the prize
Cattle for that year , etc. Lewes , 1801 ,in-fol. , seconde édition.
(f) A Description ofthe Models of Cattle,domestic and foreign, in the AgriculturalMuséum ; etc. London, 1801 , in-4 0 .
(5) The Gouvernement of Cattle , etc.London , i633 , in-4°.
(6) Méthode et Invention nouvelle dedresser les Chevaux, etc. Anvers , i658 ,in-fol.
l6