SUR L’ AGRICULTURE.
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tribut à la foiblesse humaine ? Ainsi Lommius, dans son excellent Tableau desMaladies, prétend que la pléthore est constatée quand on rêve qu’on a une crêtede coq. Actuellement, comme au temps de Tite-Live , on parle de pierrestombées du ciel, et Biot discutera savamment tous les récits de l’histoire à cesujet j mais de Thou, le sage de Thou, parle d’une pluie de froment en Carin-thie, l’an 1648} elle dura deux heures, et l’on en fit, dit-il, d’excellent pain (1).Il faut bien que tous les siècles ayent quelque ressemblance. N’a-t-on pas citédernièrement une pluie de graines vers Léon, en Espagne ? C’est , dit-on ,une espèce de lupin (2).
Dans Charles Estienne et Liebaut sont insérées des recettes pour guérir lesboeufs ensorcelés. Dans le chapitre de la médecine des poules , on conseillede leur faire tiédir l’eau quand elles sont enrhumées, de les laver avec dulait de femme quand elles ont mal aux yeux. Il faut porter aux doigts une baguede diamans pour prévenir les fausses couches, etc.
Cependant on doit savoir gré à Charles Estienne d’avoir, le premier , enFrance , depuis la renaissance des lettres , écrit sur l’art rural. Son ouvrage ,dont on a plus de trente éditions, et qui fut traduit en plusieurs langues , dutce succès , non seulement à l’importance du sujet, mais encore aux contes dontil fourmille , parce qu’ils étoient analogues à l’esprit du temps. N’en lit-on pasd’aussi étranges dans d’autres auteurs contemporains, tel que Élie Vinet , quiassure , d’après Sethi, qu’un enfant aura de l’esprit, si, dans le cours de lagrossesse, la mère a mangé beaucoup de coings (3) ; tel que ce Mizaidd, quiconseille, pour détourner la grêle , de présenter un miroir à la nuée lorsqu’elleapproche ; en se voyant si laide, elle reculera d’effroi, ou, trompée par sapropre image , elle croira voir une autre nuée à qui elle cédera la place (4).
Nous avons dit que la météoxologie n’a pris naissance que dans le siècledernier : cela ne signifie pas qu’auparavant on n’avoit fait aucune tentative poursoumettre à des règles certaines la connoissance des météores, mais seulementqu’on n’avoit pas encore assez de données acquises pour en former un corpsde doctrine. Peut-on même déjà donner le nom de science à quelques observa-tions incohérentes ? Ce qu’on trouve, au seizième siècle , de moins absurdesur ce sujet, est l’ouvrage de J. B. Porta (5). A cette époque, le bétail,les semailles , et quelquefois la politique , étoient soumis aux décisions desastrologues. Dès le quinzième siècle , on trouve une espèce d’almanach, c’estle Compost ou Calendrier des bergers, qui a été réimprimé jusques dansle dix-huitième siècle. L’Europe fut inondée et l’esprit du peuple fut empoi-sonné par ces ouvrages, où, après avoir établi comme vérité incontestable le
(1) Historiarum sui Temporis , etc. Lon-dirti, 1733, in-fol. , lib. V. Dans ce mêmelivre, il assure qu’à Paris , rue Saint-Merry,on a vu un poulet ayant quatre ailes , quatrepieds, deux croupions, qui marchoit àgauche , à droite, devant, derrière , etc. ,et qui vécut deux jours.
(2) Annales de l’Agriculture françoise,