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ESSAI HISTORIQUE
langage, tels que ceux de Ménage , Borel, Lacombe, etc. JDu Cange traduitcependant persicarlus par le mot pescher. N’ayant pu résoudre ce problème ,je l’indique aux recherches des lecteurs ( 1 ).
Belon, qui, dans ses longs voyages, avoit recueilli des connoissances étenduessur la culture, voulut stimuler le zèle de ses compatriotes, et consigna sesvues dans ses Remontrances sur le défaut du labour et culture } impriméesà Paris , en i558 , in- 8 °. ( 2 ).
Bernard Palissy } potier de terre en Saintonge , mort vers la fin du seizièmesiècle , écartant, par la force de son génie, les obstacles d’une éducation noncultivée , et s’élevant au-dessus de ses contemporains , composa des ouvragesqui lui ont fait une réputation posthume, et qui, partant, n’est pas usurpée(3).Charles Estienne ne vouloit pas que les cultivateurs sussent lire et écrire , depeur qu’ils ne s’en prévalussent 5 Palissy , plus sensé, forme un vœu contraire jil désire , au surplus , qu’on ramène la Nation à la vie simple et frugale :mais, malheureusement, l’ambition et l’avarice ont, dit-il, rendu presquetous les hommes fous et leur ont quasi pourri la cervelle. Qu’auroit-il dits’il eut vécu de nos jours? U traite en maître diverses parties de la science 'économique, et se fâche contre les instrumens aratoires du Bigorre, qu’il trouved’une exécution lourde et mauvaise.
Les brûlis dont parle Virgile , pour fertiliser les terres (4) , sont depuislong-temps pratiqués dans le nord, particulièrement en Suède . On peut à cetégard consulter la Collection académique (3), qui présente simultanémentl’abus de cette opération ; car si des taillis bridés se recouvrent quelquefois debois dans l’espace de vingt ans, à la longue ces terreins deviennent stériles parle feu. On a même contesté l’utilité de l’écobuage, qui consiste à enlever lasuperficie du sol avec le gazon et les racines , qu’on sèche et qu’on embrase aumoyen de petits bâtis en bois, disposés d’espace en espace. Palissy , dansson Traité des Sels } en parle comme d’une chose inconnue en France , exceptédans quelques cantons des Ardennes ( 6 ).
On peut voir dans les savans mémoires de notre collègue Ameilhon cequ’ont fait les Anciens pour rendre à la terre fatiguée les principes productifs ( 7 ) ;cet art, qui est fondamental en agriculture, occupa beaucoup BernardPalissy.
Quiqueran de Beaujeu, évêque de Senez, sans l’égaler en talens, déployale même zèle pour cette branche d’économie rurale . Dans son Eloge de laProvence } il nous apprend que les laboureurs de ce pays ne fumoient jamais
(1) Dans le Dictiormaire Languedocien-François, par l’abbé de Sauvages, imprimé àNismes en 1785, on trouve passegré et pesse-gré, pêche. L’auteur observe avec raison, quela pêche quitte le noyau, ce que ne fait pas lepavie. Vers Bordeaux , on a plusieurs %’ariétés,jaune, rouge, etc., du fruit nommé perseig oupêche mâle ; mais on m’observe qu’ici la pulpeadhère au noyau, et que c’est le pavie.
(2) Voyez aussi son Traité des Arbresrésineux conifères. Paris , i553 , in-4°.
(3) Voyez ses œuvres, publiées par Faujasde Saint-Fond. Paris , 1777 , in-4 0 .
(4) Sapé etiam stériles incendere profuit
agros. (Georg. üb. I, v. 83.)
(5) Partie étrangère, tome XI , page35a.
(6) Voyez aussi, à la suite du second Lieu ,ci-après, pages 167 et 168, les notes (1) et(8) de notre collègue Yvart, sur cet objet.
(7) Mémoires publiés par la Société d’a-griculture du département de la Seine. Paris ,an IX, in-8°., tomes III et IV.