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Tome I.
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CXXXII
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ESSAI HISTORIQUE

D’autres quartiers de Paris , depuis long-temps couverts de maisons, l’étoientalors par la vigne. De la Marre mentionne spécialement les deux grandsvignobles de la montagne Sainte-Geneviève et du territoire de Laas, où sontàprésent les rues Saint-André-des-Arcs, Serpente , de la Harpe, etc. (1).

Le Falerne, leMassique, le Cecube, sont déchus de leur réputation. La mêmechose est arrivée aux vins des environs de Paris , qui ont cependant conservé leurcrédit jusqu’à des époques très-récentes. La Bruyère - Champier , Baccius,Paulmier, et après eux, Hartlib et l’abbé de Marolles, en font encore l’éloge.On citoit particulièrement ceux d’Argenteuil, de Marly, de Ruelle et de Mont-martre . Paulmier , copié textuellement par la Framboisière , dit que cesvins convenoient sur-tout aux citoyens des villes et aux gens sédentaires (2).La Bruyère- Champier vante les vins de Toulouse , de Bordeaux, d’Orléans ,d’Angers (3); celui d’Arbois étoit déjà estimé du temps d’Henri IV , qui en fitdonner au duc de Mayenne ; mais le vignoble de Coucy , en Picardie, planté parles ordres de François I er ., étoit considéré comme le plus précieux, par sesproduits, qu’on réservoit au roi (4). Des poètes ont plaidé, en beaux vers, sur lapréférence à donner au champagne ou au bourgogne; peut-être est-il plus aiséde juger ce procès , que de résoudre la difficulté relative au temps où ces vinscommencèrent à être cités (5).

Grégoire de Tours avoit parlé avantageusement des vins de Mâcon et deDijon (6); ceux de Reims et autres cantons voisins, sont loués dans une lettrede Pardule , évêque de Laon, adressée à Hincmar (7). Béguillet, voulantcontester aux vins de Champagne une réputation déjà fort ancienne, oppose à cestémoignages irréfutables, et qu’on pourroit fortifier de plusieurs autres , uneprésomption fondée sur ce que , pour le sacre des rois , on envoyoit à Reims desvins de Bourgogne (8). Les fêtes splendides qui accompagnoient une cérémonieà laquelle on attachoit alors de l’importance, dévoient naturellement y amenertous les moyens de varier les plaisirs et de flatter la sensualité , voilà tout cequ’on peut en conclure. D’autres se sont également trompés, en citant Pérignon,bénédictin de l’abbaye de Hautvilliers , comme celui à qui le champagne doitsa réputation ; mais il en a perfectionné la manipulation, sur-tout par l’art d as-sortir les raisins de différens vignobles. C’est ce qu’on lit dans Pluche (9) ,qui impute à Brossette d’avoir, dans ses notes sur Boileau , pris le nom dePérignon pour celui d’un coteau (10).

(1) Traité de la Police. Paris , 1705,in-fol., tome I, page 76 ; tome III, page 524 -

(2 ) De Fino etPomaceo, libri II. Paris iis,] 588 , in-8°. — le Gouvernement nécessaireà chacun, etc., chap. XIII.

( 3 ) De Re Cibariâ, etc. , lib. XVII,cap. I, pag. 9 i3.

( 4 ) Paulmier et la Framboisière , ibid.

( 5 ) Voyez à la suite du troisième Lieu, lanote (110) de notre collègue François ( deNeufchâteau) , ci-après , page 469.

(6) Recueil des Historiens des Gaules et

de la France, par D. Rouquet. Paris , 1789,in-fol. , tome II, page 197.

(7) Opéra omnia. Parisiis, 1644» in-fol.,tom. II, pag. 838 .

(8) Œnologie, ou Discours sur la meilleuremanière de faire le Fin, etc. Dijon , 1770 ,in-12 , page 3 o.

( 9 ) Spectacle de la Nature. Paris , 1732,in-12 , tome II , page 35 9 .

(10) Cette bévue de Brossette ne se trouvepas dans l’édition des Œuvres de Boileau ,imprimée à Paris , en 1747 , in-8°.