SUR L’ AGRICULTURE.
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Du Nouveau-Monde nous vinrent aussi le topinambour (helianthus tube -rosus , L. ) , ensuite la patatte ou batate ( convolvulus batatta , L.), indigèneaux deux Indes , et dont la culture vient d’obtenir quelques succès à Toulouse ,par les soins de Ferrière, de Puymorin , et de Picot la Peyrouse.
La pomme de terre (solarium tuberosum, L.) , improprement appeléeaussi patatte, vint-elle d’Amérique en Galice, puis en Irlande , comme l’as-sure Bowles (1) , ou lut-elle transportée directement, par IVal ter Rawleigh ,d’Amérique en Irlande , d’où elle passa dans le Lancasliire , comme l’assurenotre collègue Parmentier (2)? Peu importe. Successivement elle se répanditdans toute l’Europe : c’est une des plus belles conquêtes dont on puisse seféliciter, et l’accueil que cette racine obtient par-tout la venge bien du méprisqui la couvrit trop long-temps ( 3 ).
Olivier de Serres parle beaucoup des prairies artificielles ; Henri IV enforma dans diverses contrées. Hartlib disoit qu’à Paris il y avoit de la luzernepeut-être supérieure au sainfoin récemment apporté en Angleterre.
Les plantes dont on obtient des huiles, des principes colorans, des tissus, etc.,fourniroient matière à d’autres détails, si leur multiplicité même ne forçoit à serestreindre dans l’énumération des faits.
Les plantes à filasse ont peu de variétés , et les contrées qui , autrefois , encultivoient beaucoup , sont à-peu-près les mêmes; telle est, entr’autres, la villede Bulles, depuis long-temps fameuse par ses lins , et indiquée comme tellepar Louvet, au commencement du dix-septième siècle (4).
Quelqu’un a prétendu que la culture de la garance, enFrance, étoit très-récente :le contraire est prouvé par l’anecdote suivante, que m’a fournie le savant béné-dictin D. Poirier■, enlevé, il y a deux ans, aux lettres et à l’amitié. En 1276, sous
(1) Introduction à l’Histoire Naturelleet à la Géographie physique de l’Espagne.Paris , 1776 , in-8°., page 242.
(2) Mémoires de l’Académie de Toulouse,tome III. Sous l’an 1664, je vois cité, dans lesauteurs, l’ouvrage de Fors ter, que je n’ai putrouver : England’s happiness increased bya Plantation of Potatoes. London, 1664,in- 4 °.
( 3 ) D’après le célèbre Haller , copié parBoehmer , et d’autres bibliographes géor-giques, on a cru qu’On vier de Serresconnoissoit la pomme de terre ( solanum tu-berosum) , et qu’il l’avoit décrite sous le nomdecartoufle( dhéâtre d’Agriculture , Lieu VI,chap.X). J’ai suivi, sur ce point, l’opinionqu’autorisoit le grand nom de Haller (voyezci-devant, dans l’Eloge , page xxviij ) ; maisce pourroit être une erreur. Notre collègueParmentier , à qui il appartient sur-tout deparler des pommes de terre , parce qu’il estcelui, de tous les agronomes, qui a le plus étu-
dié ces racines utiles , et qui les a le plus faitvaloir , croit qu’on ne peut leur appliquer ladescription des cartoufles , qui ne sont, selonlui, que les topinambours ( helianthus tu-berosus). Il faut observer qu’OnviER ditque cette espèce de truffes qu’il appelle car-toufles , étoit venue de Suisse ; et qu’encoreaujourd’hui, en Suisse , on donne à la pommede terre le nom de tarteuffel, qui approchebeaucoup de celui de cartouile. Mais notreillustre Parmentier prouvera son avis dans lanote sur les cartoufles. Il a bien mérité qu’ons’en rapporte à lui sur les racines esculentes ;et pour lever toute équivoque , j’ai proposé ,depuis long-temps, que le précieux tuber-cule , si mal nommé pomme de terre , reçûtdes botanistes et des cultivateurs françois, lenom de Parmentière. Ce seroit, de leur part,l’acte de la reconnoissance et l’hoinmage dela justice. ( F. D. N. )
( 4 ) Histoire de Beauvais. 3614, in- 4 °. ,pages 5 x et 52 .
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