SUR L’AGRICULTURE.
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la Beauce , le Bassigny , la Picardie $ cette dernière étoit également renomméepour les légumes et pour toutes les plantes potagères. La Touraine étoit déjàappelée le jardin de la France , non à cause du climat, mais, dit Liebaut }pour les bons fruits et l’habileté en jardinage.
Les plantes du midi, transplantées dans le nord, s’y acclimatent plus facile-ment que celles qui passent du nord au midi : c’est un fait connu en histoirenaturelle. Néanmoins, dans le grand nombre de celles qui, des pays chaudsavoient été portées dans les régions boréales , il en est qui, redoutant les gelées,ne peuvent guère habiter que les serres. On chercha les moyens de les prémunircontre ce danger, sur-tout chez les Anglois et les Hollandois, les deux nationsqui aiment le plus le jardinage. Le Grand d’Aussi présume que les serresd’hiver ont été d’usage avant les sei’res chaudes ; quant à celles-ci, on en fitun essai en grand au seizième siècle, dans les jardins de l’électeur Palatin, àHeidelberg. Olivier de Serres en parle comme d’une chose merveilleuse (1).On voit, dans l’ouvrage de Ferrari sur les orangers , que les François avoientdepuis long-temps employé des procédés analogues pour abriter ces axbres etd’autres plantes contre la rigueur des froids (2).
Annuellement, du Poitou, on envoyoit par la poste, à Paris , des cerises pré-coces, dont la Bruyère-Champier ne fait pas grand cas ( 3 ), et dont la ma-turité avoit été accélérée par de la chaux ou de 1 eau chaude au pied de l’arbre.Je trouve, dans les oeuvres de Melin de Saint-Gelais, une pièce de vers,assez plate, qui accompagne un envoi de cerises à des dames , le T r . Mai.
La manière d’obtenir des primeurs étoit bien peu avancée au seizième siècle,on peut en juger d’après les époques que de la Quintiwye, long-temps après ,assigne pour avoir des laitues pommées , des fraises, etc., et sur-tout par unelettre, en date du 10 Mai 1696 , dans laquelle madame de Main tenon parle despetits pois , comme d’une nouveauté qui, depuis quatre jours, occupoitla vanitégourmande des princes.
v On prétend que l’art des espaliers , presque ignoré des Anciens , n’a été bienpratiqué qu’à la fin du seizième siècle: ce n’étoit d’abord qu’une espèce de haie,soutenue par des pieux , cl’où l’espalier prit son nom, qu’il a gardé lorsqu’onl’a adossé à des murs. On 11e voit pas en France , comme en Angleterre , legroseillier à grappes rouges et le cerisier s’élever en espalier à des hauteursquadruples de celles qu’ils ont chez nous, et couvrir les murs de leurs fruits,parce que jouissant d’un climat plus favorable et pouvant nous procurer cesfruits en hauts-vents , nous réservons les expositions contre mur pour obtenird’autres produits.
Quelques observations sur les animaux domestiques précéderont la conclu-sion de cet ouvrage.
Les Francs étoient passionnés pour la fauconnerie et la chasse j de-là naquit,et pendant onze cents ans se perpétua, jusqu’à la révolution, à l’abbaye de Saint-Hubert des Ardennes , l’usage d’envoyer annuellement au roi de France six