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Tome I.
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ESSAI HISTORIQUE

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un Provençal qui avoit aussi des compagnies de perdrix privées. Cet usage estcommun dans Î’île de Chio ( 1 ).

Bougainville avoit cicuré une belle espèce d’outarde aux Isles Malouines ( 2 ).Il y a tout lieu de croire que la France pourroit jouir du même avantage ; onassure même qu’autrefois cet oiseau existoit dans nos basses-cours. L’oie sau-vage est devenue domestique à Long-Island , et Livingston , en Amérique ,a cicuré l’élan, il l’a même attelé (3). Ce fait, inséré dans les nouvellespubliques, m’a été confirmé par l’auteur lui-même , actuellement ministreplénipotentiaire des Etats-Unis d’Amérique près la République françoise.

A côté de nous , en Sardaigne , est le mouflon , sur lequel Cetd a rédigé unarticle curieux. Il s’accoutume facilement à la vie domestique , connoît la voixde son maître et le suit. On assure que la viande de cet animal est préférable àcelle du daim et du cerf, et que le lait de la mouflonne vaut mieux que celuide la chèvre (4)-

Combien d’autres conquêtes nous restent à faire dans les divers règnes dela nature, sur ses productions tant indigènes qu’exotiques ! Que de végétauxliébrides peut créer encore la connoissance du système sexuel des plantes , dontles Anciens ont eu l’idée sans en tirer avantage ! Que d’animaux dont l’hommepeut assouplir le caractère ! Le hocco , le vigogne , le lama, le kanguroos, etc.,vivant dans l’habitation de l’homme, multiplieront ses ressources alimentaireset ses jouissances. Dans le parc de Richmond, l’Angleterre a plus de trentekanguroos ; la France en possède deux individus, mâle et femelle , au Muséumd’histoire naturelle , et un couple de lamas est actuellement à la Malmaison.Déjà un de ces derniers animaux et un vigogne ont vécu plusieurs années dansla domesticité , à l’École vétérinaire d’Alfort .

En ébauchant l’état agronomique de l’Europe , au seizième siècle, j’ai cru devoirétablir souvent des points de comparaison entre l’époque d’O livier de Serreset la nôtre , et lier, en quelque sorte, le présent au passé. Je me suis abstenude mentionner plusieurs îles qui font partie de l’Europe , et qui, favoriséesd’un beau ciel, d’un territoire fertile , appellent la charrue et la main indus-trieuse de l’homme } la disette des faits m’a imposé silence. Ces pays, peuétendus , furent presque toujours , à l’époque dont il s’agit, comme la Corse ,en proie à des dissensions civiles , ou le théâtre des guerres entre les potentatsqui s’en disputoient la possession. Satellites roulans dans l’orbite d’astres plusgrands, ils en éprouvèrent toutes les perturbations.

Si l’on me reprochoit de n’avoir pas indiqué l’état de- la législation surles baux, la police des marchés, l’état des chemins vicinaux, des canaux navi-gables , etc., je répondrois que les discussions de ce genre ne sont que limi-trophes à l’agriculture ; elles peuvent être traitées dans un livre tracé sur unplan plus vaste : telle seroit l’histoire générale de l’agriculture , et cette consi-

(1 ) Relation d’un Voyage du Levant, etc.Paris , 1717, in- 4 °. j tome I , page 386 .

(2) Voyage autour du Monde. Paris ,j 771 , in-4 0 . , chap. IV, page 66.

( 3 ) A Philosophical Magazin, 1802,tom. IX , pag. 92.

( 4 ) I Quadrupedi di Sardegna. Sassari ,1774 , in-8°., pag. 111 e seg.

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