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Tome I.
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CLXVIII
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clxviij

POESIES.

A Olivier de Serres , seigneur du Pradel,sur son Théâtre dAgriculture et Mesnagedes Champs.

Pendant que ton puisné sur le premier mo-delle

Des choses du passé, son vol le portait,

De lestât des François lhistoire retrassoit,Nous la rendant ainsi quune image nouvelle :

Toi, resserrant plus bas les projets de ton æle,Curieux, as voulu apprendre que cestoitDe la terre, et quel fruict, si bien on la sçauroitCognoistre et mesnager, se peut recueillir delle.

Ce quores au public tu vas communiquant,Et dont comme hériter nous fais dès ton vivant,Mais avec tel succès quautant plus grande gloire

Que ton frère en reçoit, comme a plus grandprofit

Fut receu lOlivier que Pallas naistre fit,

Et sur Neptune en eut le prix de la victoire.

Denis le Bay-de-Batilli.

Du Phadel, qui voudroit, comme il fautdignement

Tesmoigner du mérite et prix de ton ouvrage,En rapportant les mots et la chose à lusage ,

La corne dAmalthée y peindroit seulement.

Vray digne Hiéroglyphic , qui peut pluspromptement

Représenter la peine au fait du labourage ,

Et quant et quant les fruits que par un bon mes-nage,

Aumesnagedes champs on cueille abondamment.

Comme en cela au vray la fable se réfère ,Disant quentre les mains de fortune prospèreEt du bon Genius ceste corne gisoit.

Et qui donc ne tiendra ton livre en telle estime,Montrant lheureux succez dun travail légetime,Pour les biens et proficts quattendre lon en doit?

D. Le-Bey deBatilly.

A noble Olivier de Serres , seigneur duPradel, sur son docte livre , le ThéâtredAgriculture.

Sonnet.

Vous tous grands escrivains , qui la MaisonRustique

Par tant de beaux escrits avez voulu bastir,

Et de rares secrets , icelle revestir,

Pour la rendre aux humains parfaicte et magni-fique ,

Arrestez vostre cours , et dessain héroïque,Cédez à Ouvier qui est voulu partirDes Serres le dernier, pour à tous despartirLes excellens thrésors de sa docte practique.

Il a leu les escrits de tous ses devanciers ,Qui ont sur ce suject discouru les premiers :

Et outre ce marqué par longue expérience,

Les erreurs daucuns deux, des autres lesçavoir.

Il te faut donc, lecteur , pour ne faillir, avoirDe ce docte discours la claire intelligence.

Sébastien Julien.

Autre Sonnet du mesme Auteur sur le mesmesubject.

Entre les arbres verds, lOlivier tlentlaplaceDu plus fructifiant : et son fruict plant-heureux,Rend lhuyle de bon goust, plaisant et gratieuxQui en douce liqueur toutes autres surpace.

Ainsi (noble Olivier) dune fertile raceTant, de bien-nais en.'ns, doctes et généreux ,En ce monde as produict, comme fruicts pré-cieux :

Qui tesmoignent sur toi du Seigneur Dieu lagrâce.

La terre dautre part, par art tu rends fertile ,Tu portes aux humains un secours très-utile,Pour jouir de santé , et des biens à foison.

Vive donc à jamais , cest Olivier tant beau ,De vertus vray portraict, et très-riche tableau :Vive, de père en fils , à tous jours sa maison !

Sébastien Julien,

Sur.