POÉSIES.
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L’une mille secrets cache,
L’autre fasche
Jusques aux esprits malings :
Et rompt de la Nécromance ,
La puissance ,
Et les charmes des devins.
L’autre donne la richesseA largesse,
Et l’autre esgaye les sens :
Les fleurs , les fruicts qui pendillent,Entortillent
Mille rameaux verdissans.
Du Pradel, que veux-je dire?Je désire,
De me taire , et ne parler sCar tant plus je me demeine,Etpourmeine ,
Tant moins sçay j’où doy j’aller.
Les roys cerchent ta scienceA outrance,
Comme ilz lisent tes escritz :
Or’ilz piquent, or’ilz chassent,
Or’ilz tracent,
Le dessain d’un beau pourpris.
Or’iiz abbaissent leur sceptre ,
Pour repaistreLeur esprit trop opprimé,
Aux Champs , laissant les misèresDes affaires,
Qui font l’homme consumé.
Que l’addresse
D’un travail sainct peut donner.
Lors qu’on recueille l’usure ,
Et nature
Veut les hommes guerdonner.
Une geline criarde,
Et languarde,
Leur donne plus de plaisir ,
Que des fols les bouffonnades ,
Trop maussades,
Et des gens trop de loisir.
Le son bruyant des avettesDoucellettes,
Travaillantes à leur miel ,!
Est plus beau qu’une musiqueTrop lubrique,
Qui nous destourne du Ciel.
Tondre d’une main humaine ,
Pour la laine,
C’est la brebis soulager:
Mais pour si peu que l’on pinceLa province ;
C’est son eschine charger.
Un bon prince débonnaireNous est père ;
Dans un cabinet espais ,
D’une belle entrelassureDe verdure
Prenant, et donnant la paix.
Nous avons libre la FranceDe souffrance,
Le bien qui se multiplie,
Sans nulle peur en tout lieu :
Cependant que tu cultivesEt nos rives ,
Et nos champs , nos preds , nos monz :Et que les lieux plus sauvagesEn noz aages,
Se trouvent des plus féconds.
L’Indie , et l’ÆthyopieOnt envie,
De noz soyes, et meuriers :
Tu colloques les chastaignesDes montaignes ,
Tout auprès des Oliviers.
Ce que jadis par merveille,
Nostre oreilleOyoit de loin raconter,
Tu fais , qu’on le nous apporteA la porte :
Et si les voyons planter.