Band 
Tome I.
Seite
5
JPEG-Download
 

DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.

o

est en sa superficie, ainsi tant plus, en pro-londant, on y en treuvera de semblable àcelle du dessus, tant plus le terroir serafertile (8). Mais en peu d’en droits ren-contre-on, que sa bonté enfonce guièresavant (encores est-ce par bénéfice de na-ture ) et y aura de quoi se contenter, si ellepénètre un bon pied dans terre ( mesmetelle mesure, ou peu davantage , suffirapour les arbres fruictiers ) (9) le demeu-rant estant presques stérile, à cause de sonamertume et crudité. Lequel se rencon-trant pur sablon, par sa siccité, s’attireral'humeur et la graisse de la bonne terre,dont elle demeurera maigre et lascbe ,causant la nécessité de la fumer souvent( comme cela se recognoit en plusieursendroits de la France, mesme à Paris etès environs, où l’on tire du sablon pourbaslir) jmal qu’on ne craint aux terresaf-lermies sur le fonds argilleux, graveleux,mesme plein de rocliers, par ne consumerles engraissemens, ains les retenir à l’u-tilité de la superficie du champ.

Par /•«. Cesont bien des indices de la portée desP e,,„"cr. terroirs, mais non preuves tant asseurées,que l’expérience. Car à la vérité, les cou-leurs de la terre trompent quelquesfois , yen ayant presques de toutes, de passablerevenu : comme on dit des chevaux et deschiens, dont de tous poils s’en treuvent debons et de mauvais. Et si tant est que nepuissiés sçavoir au vrai quel rapport fait,par communes années , la terre que dési-rés vous acquérir , recourés à ceste non-trompeuse adresse, qui est au seul regardKciarirr,, des arbres de toutes sortes , sauvages etf rancs , qui vous serviront par leur gran-deur et petitesse, beauté et laideur, abon-dance et rareté , à juger solidement de lafertilité et stérilité de la contrée. Sur tous

lesquels arbres , les poiriers , pommierset pruniers sauvages , croissans d’eux-mesmes, asseurent le terroir estre proprepour tous blés. Sous ceste particularité,que la terre de froment est celle où les poi-riers abondent : et celle de seigle, où lespommiers (10) ; demeurans les pruniers,de facile venue presques par tout bon lieu,soitarsilleuxousablonneux. Servent aussi

O

à telle adresse, les chardons, qui marquent '■hur-les poiriers ; et la feugère , les pommiers : nhafiu-ces plantes-là , supportans l’argille , et*""*'celles-ci, le sablon , selon le divers na-turel de tels blés. L’aer aussi intervenant Deà telle recerche , nous résoudra le pluschaud que froid , favoriser le froment j etle plus froid que chaud , le seigle.

Les bons et menus herbages croissans »"■«“*naturellement ès champs, vous aiderontbeaucoup à ceci : car jamais bonnes etfranches herbes, que les bestes mangentavec apétit, ne viennent abondammentès terres de peu de valeur j adresse particu-lière pour les terres descouvertes n’ayansaucuns arbres.

Reste maintenant à parler de l’assiete d ’

des terroirs , chose très - considérable,pour en augmenter ou diminuer la valeur.

Us ne peuvent estre que de l’une de cestrois, ou en plaine, ou en coustau, ou enmontaigne. La plaine et lamontaigne, àcause de leurs extrémités, par raison,cèdent au coustau, lequel participant del’une et de l’autre assiete , tient par là lemilieu tant désiré, et par conséquent, estplus propre à tout produire : principale-ment si le ciel de la contrée est tempéré,et son fonds de bonne volonté : car celaestant, il n’y a frnict en la terre, que lecoustau ne porte gaiement. Aussi est-ellela plus plaisante et la plus saine assiete de