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Tome I.
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DU THEATRE D’AGRICULTURE.

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lubre, parestre couverte de la bize, à l’a-bri , reculée de la rivière ( qui est souventmal-saine) , avoir la veue assés haute etlongue, et n’estre trop humide, ni aussiComméra- tro P desnuée d’eau. C’est bien à la véritéd “ mn • l’assiete préférable à toute autre : néant-moins, comme les choses de ce monde nesont parfaictement accomplies, estant cha-cune commodité suivie de son contraire ,en telle assiete se rencontre ce mal, que lelogis estcominandéparlapartiede lamon-taigne relevée : ainsi y défaut-il ce poinct,qu’il ne peut estre du tout fort, commeplusieurs désirent ; le temps nous ayantfait prendre garde de ce notable article.lucnmmo- Les inontaignes sont trop sèches et ven-

jitis des teuses : les plaines, trop humides et fan-

tHuntatgnu ' i.

dm geuses. Si ès montaignes on a la veuelongue , les yeux s’y promenans à l’aise,leur difficile accès donne beaucoup de peineaux pieds : comme aussi l’importunité desfanges rabat du plaisir des longs prome-noirs de la plaine.

Résolution Ces choses considérées, se f audra tenirà la première résolution, qui est de se ser-vir du lieu qu’on a, duquel la meilleure etplus salutaire partie sera prinse, pour bas-tir comme a esté dit, afin d’y pouvoir sé-journer commodément, pour la santé ,pour la seurté, pour le profit et pour leplaisir. Ne pouvant prescrire loi certaine,où , comment, et de quoi édifier l’habita-tion champestre, chacun s’accommodantselon ses moyens et le lieu auquel il est as-sis, qui le plus souvent, imposant néces-sité , contraint dresser le bastiment au-trement qu’on ne souhaiteroit. Et soit ouinontaigne , ou coustau, ou plaine, avecl’artifice et despens requis, on se logeratrès-bien : comme d’infinies et diversessortes d’assietes, se voient plusieurs bonnesThéâtre d’Agriculture , Tome I.

maisons , accompagnées de grandes com-modités. A quoi prenant garde de près ,on treuvera que quelque bigearre et re-bours que soit le lieu , il se peut néant-moins ageancer.

Le logis sera proportionné aux terres n» >«■'*d’alentour, d’autant qu’il faut que delà{°>, de Lsortent les despenses du bastiment et deson entretien. Et c’est le dire de Caton etautres anciens, qui ont commandé de com-mencer la maison par la cuisine : c’est-à-dire, regarder premièrement au revenu.

Se donnera-on aussi garde des fautes (pourles prévenir) qu’en cest endroit firent cesdeux grands mesnagers romains, Quin-tus Scevola, et Lucius Lucullus ; dontl’un bastit trop petit logis , et l’autre tropgrand ; chacun d’eux avec incommodité.Carc’estperte de n’avoir lieu assés ample,pour vous loger à l’aise avecvostre famille,pour recevoir vos amis, et pour serrer lesfruicts que vostre terre porte et le bestailqu’y nourrissés : comme au contraire, c’estjetter son argent dans la rivière, voirese ruiner et desfaire soi-mesme que bastirtrop amplement et sans nécessité. Et fautqu’à la longue la vanité de telle entreprisesoit la fable du peuple, quand ayant bastiune grande et superbe maison, elle de-meure vuide par faute de revenu : et qu’ilfalle employer plus de temps à la balier,qu’à en labourer les terres : et qu’enfin onsoit contraint pour en payer les serrures,vendre etla maison et le domaine, et faireacheter ses folies à autrui.

Puis que la proportion du logis se me- chat.ua se

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sure par le fonds , il ne seroit a propos en ieni, mutcest endroit d’en faire l’ordonnance, lais-sant à chacun la liberté de se loger à l’aiseselon ses moyens : joinct que comme detous les hommes de la terre, deux visages

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