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PREMIER LIEU
les payer qu’après le service et non de-vant, parla les tenans bridés : autrementpeu s’en treuveroient s’enfoncer guièresavant en vos affaires. Leur arrivant mala-die ou blesseure, charitablement fera se-courir ses serviteurs par bon traictementet remèdes , les faisant retirer à part enchambre à ce destinée , car c’est cruautéde les renvoyer alors , ou de ne les assis-ter ; sur-tout s’ils sont pauvres, ausquelssans autre obligation, est deu secours.
Et d’autant que c’est grande peine d’estretous-jours après les mercenaires aies fairetravailler : pour aucunement estre sou-kgé, le moyen est, de ne se charger partrop de serviteurs loués à l’année; ainsjustement pour l’ordinaire culture du do-maine , convient pendre plustost du costéd’en avoir faute , que de reste ; d’autantqu’avec de l’argent treuve l’on des gens àla journée, pour avancer les affaires; etles serviteurs ne se voyans en trop grandnombre, en travailleront mieux, sans s’at-tendre que bien peu , au labeur d’autrui.Dont aussi s’espargne et la confusion etl’excessive despense , provenant de tropgrande multitude. D'ailleurs, estans lescharges de vos ordinaires serviteurs pres-ques comme tasches, sçaclians ce qu’ils ontà faire pour toute l’année, il faudroit bienqu’ils fussent du tout desloyaux et eshon-tés , s’ils n’y travailloient passablement :sur lesquels, en vous promenant, tiendrésfacilement l’oeil, par vostre présence etopportunés remonstrances, les sollicitantà leur devoir. Réservant au bout de l’an-née , à guerdonner et chastier ceux quiauront bien ou mal servi, donnant à ceux-là , quelque chose outre leur salaire ; etbannissant ceux-ci de vostre maison, pourn’y revenir plus.
Quant aux fondations et réparations J tes fonda-
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nouvelles et extraordinaires , extraordi-nairement aussi convient y besongner, te-nant autre ordre qu’à la simple culture dela terre. C’est assavoir, en choisissant leslongs jours et beau-temps, pour lors avecbon nombre d’hommes loués à la journée,parfaire vostre ouvrage. Car puis que lesfondations et nouvelles réparations (peuexceptées, comme le planter, et quelquesautres qui ont leur particulière saison) 11esont restrainctes à certain terme, ne se-roit-ce pas très-mauvais mesnage, de pré-férer les petits aux grands jours, et le mau-vais au bon temps , par là volontairementdespendre un tiers davantage ? Commecela résulte de l’inégalité des jours desmois de Novembre et Décembre, à ceuxd’Avril et de Mai ; et par la différence del’automne et de l’hyvcr, au printemps età l’esté.
Discernera nostre mesnager la qualité eu »«.•«-
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de ses ouvrages, pour les mettre a execu- cerner lestion, chacun selon son ordre. Les néces- œums ’ “saires , les premiers : puis , les utiles :après, les plaisans. Une ruine de feu , ra-vine d’eau , et autres inconvéniens quiquelques-fois surviennent, contraignentd’en réparer les pertes en quel temps quece soit. Demesme, avec grande diligence,doit-on mettre la main à la construction,ou redressement d’un moulin, d’un canalde prairie, et semblables pièces de re-marque , dont le retardement , comptémesme par heures est préjudiciable , pourl'importance de leurs revenus. Le planterdes vignes et arbres en approche de près,à ce que gaignans temps , tant plustostapportent du bien, que l’on les y aura pré-parés. Touchant les choses de seul plai-sir , elles seront dressées les dernières. Ce
qu’attendant,