38
PREMIER LIE U
Quandchanger de.serviteurs , tde quels.
monstrance ne les aurés peu remettre à laraison : supportant toutes-fois charitable-ment , les petites imperfections qui ac-compagnent communément toutes sortesd’hommes. S’ils demeurent longuementen vostre service, en bien faisant, leur fe-rés sentir vostre libéralité par vos faveurs,en fermes , en mariages , en prest d’ar-gent, de denrées , et autres négoces , endons d’habits et autrement. Ainsi, en vousacquittant de vostre devoir , par-dessusl’honneur que ce vous sera d’estre estimééquitable , donnerés exemple à d’autresde s’affectionner à vostre service. Joinct,que tels ainsi guerdonnés pour leur bonservice , confessans vous devoir leur avan-cement, par obligation, vous demeure-ront serviteurs toute leur vie.
Par ce que dessus, ce poinct se trouvevuidé, combien de temps vous vous devésservir de mesmes valets ; c’est assavoir,autant longuement qu’ils se maintien-dront en leur devoir. De laboureurs, pourle profit de vos terres-à-grain, changerésle plus rarement que pourrés : car, commeaux enfans , la mutation de nourrisses esttous-jourspréjudiciable, aussi aux labou-rages , les diverses mains préjudicient.N’estant à estimer que le vieil laboureur,qui par habitude s’est rendu sçavant en laportée de vos terres, pour les cultiver et se-mer, ainsi qu’il appartient. Au contraire ,du jeune est dit au patois du Languedoc ,
Que bouvié sans barbe
Fay aire sans garbe.
Des autres valets 11e serés tant scrupuleux ;ains ce sera tous les ans , ou de deux endeux , comme vos affaires le porteront,qu’en prendrés de nouveaux 5 desquelspour si peu de temps , ne pourrés estrequ’assés bien servi : parce qu’ils ont ac-
coustumé, pour se faire valoir, ruer aucommencement leurs plus grands coupsde vaillance.
L’aage de vos serviteurs domestiquessera choisi en leur fleur, pour la dextéritéet pour la force , qui sera de vingt à qua-rante-cinq ans. Les grands hommes sontbons pour le labourage, y contraignans lebestail, et avec la force et avec la voix : àporter fardeaux aussi. Les petits au vi-gnoble , pour planter et enter arbres, gou-verner les jardins, les mousches-à-miel, àgarder le bestail, et à faire plusieurs autresgentillesses, où n’estrequisgrandtravail.Et les moyens, comme participons desautres deux, sont presques tous-jours pro-pres à tous ouvrages. Par quoi préféréscette taille-ci, à toute autre, choisissantd’icelle , pour vos laboureurs , les plusgrands et plus forts hommes : et les autrespour les besongnes où plus propres setreuveront, selon leurs inclinations par-ticulières.
Quant aux chambrières et servantes ,domestiques et autres, autre adresse n’y-a-il à les choisir , que les susdites, leursexe faisant la distinction des ouvrages oùelles doivent estre employées.
Du salaire des serviteurs, ne se peutdire autre chose, que de tascher à lerendre le plus petit qu’on pourra , pourla conséquence du haussement tous-jourspréjudiciable au mesnager. En ceci aussine changerés l’usage, payant vos gens se-lon la coustume du pays, en argent, ha-bits , et autrement. Non plus le terme deleur service , soit ou pour sa longueur oupour la saison de l'entrée en charge ,choses diverses selon les lieux. En la plus-part , c’est pour l’année entière qu’on loueles serviteurs , y ayant peu de mesnagers
De quelange les est'/ -
Touchant
Ut servantes.
T)ex gagesdes gens deservice.