DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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divertisse-ment sur l'é-lection desserviteurs.
cliampestres qui se contentent du quart,du tiers , de la moitié ou autre portion ,estant ce à faire à citoyens de ville, que delouer à mois les serviteurs des champs ,jiour leurs vignes et jardins. En aucunesprovinces, les serviteurs commencent leurannée 2)eu devant les moissons; en d’autresaprès la récolte : ailleurs, au temps dessemences : et presques généralement partout, par l’un de ces jours remarquables,de la Sainct-Jan , Sainct-Michel, Sainct-Martin , la Toussaincts , Noël , Pasqueset autres termes de l’année , où convients’arrester pour la police (suivant laquelle,y a parles provinces des foires et marchésdestinés au louage des gens de service) au-trement , confusion aviendroit au mes-nage: d’autantquelaissantpasserlepoinctde vous pourvoir de serviteurs, en vain l’at-tendriés-vous par après, le reste de l’annéen’en trouvant que par rencontre. Ne fe-rés esgalle prix de vos serviteurs , ains lesdiversifierés par leurs suffisances, la raisonle voulant ainsi : ce qui donnera occasionaux ignorans d’apprendre , en intentiond’avancer en gain, à mesure du sçavoir.
Généralement noterés pour toutes sortesde serv iteurs , hommes et femmes , de nevous charger nullement de personnes es-trangères, passagères, belistres, caïmans,sans aveu ne cognoissance ; pour les dan-gers qui s’en ensuivent: mais lesprendrésles plus près de vous que pourrés. Sur tout,donnés-vous garde de ne mettre jamaiscliés vous aucun diffamé de notable vice,comme de blasjihêmes , paillardises ,meurtres , larcins , brigandages, yvron-gneries , ne sujets à maladies conta-gieuses : car de plus dangereuse peste nepourriés estre frappé : en estans les his-toires anciennes accompagnées de plu-
sieurs nouveaux et tragiques exemples, ceque tout homme de bon entendement pré-viendra par sa providence.
Pour achever de dévider le fuseau, est Ar " d ‘à propos faire mention de ce que Caton [ «*i" >/«vouloit y qu à faute de besongne^ ses ser- rè/utè pa r
• 1 * V ) raison et
viteurs dormissent : et qu il y eust tous- ^ «jours de la division entr’eux, la y semant ,c "' ,n 'par artifice, ayant pour suspects , l’esveilet la concorde de ses domestiques. Catonavoit à faire de son temps à esclaves , for-sats, gens désespérés par mauvais traie-tement, si qu’il n’estoit sans raison de secraindre d’eux. Mais aujourd’hui quesommes servis de personnes de libre con-dition , et chrestiennes , l’avis de Catonne peut avoir lieu, joinct que le service degens vigilans, est tons-jours meilleur quede personnes endormies , n’estans quepièces de chair, sans entendement, ceuxqui aiment trop le somne et le repos :contre lesquels Salomon crie tant, disanttels ne pouvoir enrichir. Et quant à l’autrepoinct, quelle chose plus laide y a-il aumonde cpie la dissension et haine, sur toutentre ceux qui mangent d’un mesme pain,et habitent en mesme maison, comme en-fans d’un mesme père ? Ains quelle plusbelle, que l’amitié et la concorde, Jé-
sus-Christ nostre sauveur nous recom-mande tant estroictement ? Et si bien parfaute de bonne intelligence entre servi-teurs d’un mesme maistre, sont descou-verts quelques pillages et autres meschan-cetés , avec utilité, ne faut pourtant tirercela en conséquence : carcemalnemanque) amais, que d’estre mal servi de personnesassemblées cliés vous , n’estans amis en-semble, employans quelques-f’ois plus detemps, à s’entre-quereller, qu’à travaillerà leur besongne. Mais tirerés tous-jours