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PREMIER LIEU
par telle ou telle température ; et, de fait , jen’y ai guères été trompé.
La présente année 1802, par exemple , ré-pond à 1783 , époque du tremblement de terrede la Sicile et de la Calabre , d’une éruption con-sidérable du mont Hécla, en Islande , des brouil-lards secs qui durèrent plusieurs mois , et furentsuivis d’orages violens et fréquens ; l’année1802 est également remarquable par une séche-resse opiniâtre pendant trois mois , par une cha-leur excessive qui en a duré près de deux , etpar des tremblemens de terre qui se sont faitsentir dans plusieurs parties de l’Europe , del’Afrique et de l’Amérique .
Je pense donc que de toutes les opinionsqu’on a proposées sur l’influence delà lune à l’é-gard de la température de notre atmosphère ,celle qui a pour base la période lunaire de dix-neuf ans , est la plus vraisemblable.
M. Toaldo a établi, en 1774?une théorie quia pour principe l’influence des points lunairesdans chaque lunaison. Il appelle points lunaires }les syzygies, les quadratures , les absides, ou lepérigée et l’apogée de la lune, les quatrièmesjours avant et après chaque syzygie et chaquequadrature, ce qui forme quatorze points lunairespour chaque lunaison. Selon ce savant , le pé-rigée , et ensuite la pleine lune , sont les pointsles plus influens; le concours de plusieurs jiointslunaires est aussi marqué par des changemensde température. Les combinaisons qui influentdavantage , sont la rencontre des nouvelles etpleines lunes, avec les apogées et les périgées.Les grands orages , dit M. Toaldo, concourentpresque toujours avec quelques - uns de cespoints unis ou séparés. Il a eu assez de con-fiance dans sa théorie, pour établir une suite d’a-phorismes météorologiques sur les pronosticsdes températures auxquelles les différens pointslunaires doivent donner lieu.
Les rapprochemens que j’ai faits, d’après cettethéorie , ne m’ont pas encore donné des résul-tats assez satisfaisans pour pouvoir prononceren sa faveur : notre climat est si variable , qu’onne peut guères prévoir des changemens de tem-pérature aussi rapprochés que le sont les époquesdes points lunaires trop multipliés. Tant deeauses influent sur la température , qu’il est bien
difficile de saisir celles qui sont les plus in-fluentes et les plus régulières dans un espace detemps aussi court que celui d’une lunaison.
Enfin , M. Lamarck dit avoir observé que lalune influe différemment sur l’atmosphère , se-lon la partie du ciel, boréale ou australe, qu’elleoccupe. Il appelle constitution lunaire boréale ,l’espace de temps que la lune, dans chaque lu-naison , met à parcourir l’hémisphère boréal ;alors , dit-il, les vents sont le plus souvent mé-ridionaux , les temps humides , venteux et plu-vieux sont plus fréquens , et le baromètre des-cend. Au contraire , dans la constitution lunaireaustrale, lorsque la lune se trouve dans l’hé-misphère de ce nom , les vents deviennent sep-tentrionaux , l’air est plus sec et plus froid enhiver , et le baromètre tend à monter. L’in-fluence lunaire, dans chaque constitution , ad’autant plus d’énergie , que la lune s’approchedavantage du tropique , c’est ce que l’auteur ap-pelle lunistice, ou le terme extrême de sacourse dans chacune de ses constitutions.
Le savant botaniste qui a établi cette théorie ,publie , depuis trois ans , un Annuaire météo-rologique , dans lequel il indique d’avance ,pour chaque jour , les températures probablesauxquelles on doit s’attendre, et telles qu’ellesrésultent de sa théorie et de ses calculs ; il estdonc facile d’apprécier ces probabilités, en lescomparant avec les températures réelles à me-sure qu’on les observe : il est à désirer qu’ellespuissent un jour soutenir cette comparaison.
Quelle que soit la manière dont la lune influesur la température, je pense qu’il est encore plusessentiel de constater par l’observation cellequ’ont effectivement eue les différens météores etles variations de l’atmosphère sur la végétation.On ne peut, en effet, disconvenir que si lesbonnes ou les mauvaises récoltes dépendent dela nature des terres auxquelles on a confié lasemence , et des préparations qu’elles ont re-çues, elles ne dépendent aussi de la tempéra-ture de l’air , de l’influence des météores , descirconstances plus ou moins favorables oii ellesont eu lieu. Il est donc intéressant de connoître,autant qu’il est possible , cette influence , bonneou mauvaise, qu’ils peuvent avoir sur les pro-ductions de la terre , en comparant les progrès