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PREMIER LIEU
Ces présages rustiques ont été retournés encent mille manières dans nos proverbes anciens.Voici d’autres leçons qu’on trouve à la fin duvolume de Gabriel Meurier .
1 . Année nubileuse et neigeuse,
Est fructueuse et plantureuse.
2 . Année ayant un Mars aride ,
Février neigeux, Avril humide,
Mai verd, gai, doux, et rousineux,
Présage des temps plantureux, etc.
Fi de prêtre et d’oignon.
Ne peut trop pleuvoir , ni venter.
A la Saint-Barnabé ,
La faulx au pré.
Sanctus Barnabas falcem jubet ire per herbas.
Tous les proverbes qui indiquent des fêtes oud’autres époques pour les travaux de la cam-pagne , étoientantérieurs àla réformation du Ca-lendrier Grégorien . Conséquemment , les datesqu’ils donnent ne se rapportent plus aux joursqui semblent leur correspondre dans le Calen-drier actuel. C’est une remarque du C. Du-chesrte. Nous pourrons saisir l’occasion de ladévelopper dans l’Annuaire agronomique quenous nous proposons de joindre à cette éditiond ' Olivier de Serres et d’approprier à son texte.
Avoine rouillée ,
Croit comme enragée.
Si luta avena Jluit, rabido quasi fcenore cresvit.
Bruine est bonne à vigne ,
Et à bled la ruine.
Bruine obscure ,
Trois jours dure.
* Brune matinée,
Belle et claire journée.
Bourbes en Mai, épies en Août.
Celui ne sait qu’est vendre vin ,
Qui de Mai n’attend la parfin.
En Mai,
Et Bacchi et Cereris producit munera Maius.
En Avril, nuée ;
En Mai, rosée.
En Août fait-il bon glaner.
AEstibus uéugusti sunt tempora grana legendi.
En petit champ croît bien bon blé.
Lceta seges parvis ubertim crescitin agris.
En procès , dont le cas est clair,
Mestier n’est avocat ni clerc ;
Et quand la matière est obscure,
Juge et procureur ne procure.
Donc c’est, dans tous les cas , une insignefolie que d’avoir des procès. Iln’estpoint de ma-nie plus funeste aux cultivateurs et aux citoyensdes campagnes.
Fai ton huis au Sylvain ,
Si tu veux vivre sain.
Grains siégleux, pain fructueux.
Grande fécondité,
Ne parvient à maturité.
Il n’est chose aucune si vile,
Qui ne duise et ne soit utile.
Jamais le grain ne fructifie ,
Si premier ne se fortifie.
La faulx paye les prés.
Faix benè quee scindit, gratis sua præmia solvit.
Le feu, jamais , ni moins l’amour,
Ne dient : va-t-en à ton labour.
Le meilleur pain et salutaire,
Est le sué pour- l’ordinaire.
11 n’est si gentil mois d’AvrilQui n’ait son chapeau de grésil.
Noir terrein porte gain et bien ;
Leblanc terrein ne porte rien.
Neige au blé est tel bénéfice ,
Qu’au vieillard la bonne pelisse.
Nul ne se doit enorgueillir,
Voyant son arbre à gré fleurir ;
Car une nuit vient la bruine ,
Qui feuille et fleur gâte et ruine.
Ouaille cornue ,
Et vache panjue,
Ne change et ne mue.
Parce qu’elles sont les meilleures.
Par la blanche gelée ,
La pluie est présagée.
Pâques vieilles, ou non vieilles ,
Ne viennent jamais sans fueilles.