88
PREMIER LIEU
Marchand mesquin.
Marchand de froment,
Marchand de tourment.
Quand la cigale chante en Septembre ,
N’acliète point de blé pour le vendre.
Il faut trois choses à nos champsPour leur assurer abondance :
Bon laboureur, bonne semence ,
Et par-dessus tout, un bon temps.
La Saint-Martin boit le bon vin ,
Et laisse aller l’eau au moulin.
A la Saint-Valentin,
Le printemps est voisin.
A la Saint-Urbain ,
Le froment a fait son grain.
La Lombardie est le jardin du monde.
Semez avec la main , et non avec le sac.
La vraie pierre philosophale est une bonne terre, donton économise les revenus.
Nous aurons, dans l’autre monde, une maison sansdéfaut.
Depuis Saint-Laurent, grand chaud dure ;
Depuis Saint-Vincent, grand froid dure ;
Mais, l’un et l’autre, bien peu dure.
Quand le blé est encore aux champs,
Il est à Dieu et à ses Saints .
Quand il est amont aux greniers ,
Il n’en a point qui n’a deniers.
Qui édifie en grande place,
Fait maison trop haute ou trop basse.
A qui achète, il faut cent yeux ;
A qui vend, il suffit d'un seul.
Cherté prévue n’arrive pas.
Caristia persista , non venue mai .
Qui veut labour mal fait, doit le payer d’avance.Janvier a fait le mal, et c’est Mai qu’on accuse.
Si tu laboures mal, tu moissonneras pis.
§. v.
Proverbes Allemands
Extraits du Florilegium ethico-politicum, deGruter , édition de 1610.
C’est au gentilhomme de promettre ; mais c’est aupaysan de tenir ce qu’il a promis.
Achat passe louage.
Les pois sont chers dans leur primeur.
Quand les œufs sont dans la poêle, il n’en vient plus depoulets.
Les grands poêles chauffent bien , mais il leur faut dubois.
Plus il y a de pâtres , moins il y a de gardes.L’envie ne se glisse pas dans une grange vide.
Terre fertile , gens paresseux.
Petit cheval, petite journée.
Poule qui glousse beaucoup, ne pond guère d’œufs.Quand l’avoine se coupe , les poules sont sourdes.
Quand le soleil se lève, adieu la rosée.
C’est dans la moisson qu’il faut couper le blé.Beaucoup de paille, peu de blé.
Le vin sent la vigne ,
La caque sent le hareng.
Trois femmes, trois oies , et trois grenouilles , fontune foire.
Une petite poule pond tous les jours un œuf, tandisque l’autruche n’en pond qu’un par an.
Telle étable, telle bête.
On mange plutôt un village , qu’on ne gagne unemaison.
Plutôt riche paysan, que pauvre gentilhomme !
Tête de saule et orgueilleux paysan, veulent être ro-gnés tous les trois ans.
On sent que ce proverbe respire un pur espritde féodalité. Il n’a pu être imaginé que dans unecontrée et dans un temps où la culture étoitexercée par des serfs. Et c’est ainsi que les pro-verbes peignent les siècles et les peuples.
Pour trouver noise, on n’a qu’à prêter aux Seigneurs ,ou aux Prêtres.
Le cheval fantasque fait le bon cavalier.
On doit manger le lait, et non pas la vache.
§. V 1.
Proverbes A S.g l o z s
Tirés des Elégants Extracts , ou Choix desmeilleurs morceaux , écrits en anglois , édi-tion de 1796.
La grâce de Dieu vaut une foire,
Parce qu’une foire , en Angleterre , est ungrand bien pour le canton où elle se tient.
Il