DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
89
Il y a de l'esprit à crocheter une serrure , et à déroberun cheval; mais c’est sagesse de le laisser dans sonécurie.
Aime ton voisin ; cependant n’abbats pas ta haie.
Un demi-acre et bonne terre.
Qui veut faire fortune, doit se lever à cinq heures dumatin.
Celui qui l’a faite, peut dormir jusqu’à sept.
La gelée et la fraude finissent par la fange. (Ou sonttoujours fangeuses à la fin. )
Grands cris et peu de laine, dit le diable, quand il tondses cochons.
Où la haie est abattue , tout le monde passe.Jeune valet, vieux mendiant.
Celui qui achète une maison toute bâtie , a pour rienun grand nombre de chevilles et de clous.
Ce sont deux vers anglois.
Les fous bâtissent les maisons ; les sages les achètent oules louent.
Pensez au loisir que donne l’aisance ; mais travaillez.
Si un fermier reste long-temps au lit, la terre s’enressent.
Cherchez au coin du feu , un gentleman , un levrier,et une boëte au sel.
Ma maison ! ma maison ! tant petite sois-tu ,
Tu vaux pour moi l’Escurial.
Ce sont deux vers traduits d’un proverbeespagnol .
Ces sortes de maximes ont fait le tour dumonde ; mais la langue espagnole est celle deslangues modernes qui a fourni le plus d’adageset de sentences usuelles.
Il est plus aisé de bâtir deux cheminées , que d’en en-tretenir une.
Qui veut faire une porte d’or, doit tous les jours ychasser un clou.
La bonne agriculture est une bonne divinité.
Sir Jean Grain-d’Orge est le plus fort des chevaliers.
Planter des arbres, est la vieille économie de l’An-gleterre.
Théâtre d’Agriculture , Tome I.
§. VII.
Proverbes Russes
Tirés de la Bibliothèque Russe , publiée parM. Bacmeister, Pétersbourg, 1787, vo-lume X.
Le lièvre court devant le renard, et la grenouilledevant le lièvre.
Le cigne vole après la neige , et l’oie après la pluie.
Au défaut de pâtisserie , mange du pain.
L’Astracan est riche en esturgeons j mais la Sybérie ades zibelines.
Les raisins verds ne sont pas doux, et un jeune hommen’est pas fort.
Lesplumes décorent le paon , et l’instruction l’homme.
On couchoit en joue une grue , et l’on a tué unmoineau.
La pomme a le goût bien doux, si le jardinier n’estpas là.
Sans sel et sans pain , mauvaise compagnie.
Les brebis, sans berger, ne font pas un troupeau.Qui recueille grain par grain , remplit la mesure.Mesures dix fois ; tu ne coupes qu’une fois.L’année n’a pas deux étés.
Prières adressées à Dieu , et charges acquittées auCzar, ne sont pas choses perdues.
Quand on a le blé, on trouve bientôt la mesure.
Ce que Dieu arrose , Dieu le sèche.
Ce qui doit devenir loup, ne deviendra pas renard.
L’été amasse, l’hiver consume.
Plutôt pauvre , que riche et esclave !
Ne crache pas dans le puits ; il peut t’arriver d’enboire.
Ce n’est pas le champ, c’est le champ cultivé quinourrit.
Prépares-toi à la mort ; mais ne négliges pas de semer.
Avec un morceau de pain, on trouve son paradis sousun sapin.
Le pain et le sel ne se querellent pas.
Qui n’a pas mangé de l’ail, ne sent pas mauvais.
M