DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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Considéra-tion sur F em-pierrement.
travailler jusques aux femmes et enfans,portans et charrians les pierres par cor-beilles , panniers , mandes, brouetes, etavec autres propres instrumens. Les cais-ses ne seront du tout remplies de pierres ,ains seulement jusques à deux pieds prèsdu bord, et le restant sera comblé de laterre qui en aura esté tirée la première,comme de la meilleure , dont la superficiedu champ sera réaplanie. Sur lesquellespierres ainsi enfermées , moyennant lasusdite quantité de terre les couvrant, lecoutre jouera à l’aise pour toutes sortes degrains : mesme ne pourront faillir de s’ybien porter et arbres et vignes et autreschoses qu’on y voudra loger. Le demeu-rant de la terre sera uniment escarté parle champ, qui s’en rendra d’autant meil-leur , que plus y en aura de bonne et f er-tile. Ainsi tout vostre champ sera bien es-pierré et nettoyé , dont sans empesche-ment se pourra facilement labourer.
Aucuns ramassent les pierres nuisiblesen certains endroits du champ moins va-leureux , y en faisant des monceaux, etlà les confinent, aimans mieux perdre unepartie de la terre, que si toute en estoit
e : ce que
je n’approuve, ou ce seroit en lieu auquelle creuserprofondément fut empesché parles rochers. Mais où y a du terrain , bonou mauvais , ne s’en faut priver à son es-cient d’aucune partie, tant petite soit-elle. Car d’un costé cela difforme lechamp, et de l’autre, c’est perte, veu quela terre, quoi-que maigre et légère , parculture et amendement, se rend de pas-sable fertilité.
Indifféremment de toutes terres, n’enfaut ester les pierres sans distinction,d’autant qu’aucunes sont utiles en certains
Théâtre d* Jgriculture , Tome I.
occupée à 1 mtérest du labourag
lieux. Les terres argilleuses sont renduesaisées à labourer, par les menues pierres :c’est pourquoi n’en faut enlever que lesgrosses, y laissant celles de la grandeurd’une noix et au-dessous, qui ressemblonsau gravois, aident à la culture, engar-dans la terre de s’entre-presser par trop,dont elle est rendue plus gaie et souple àmanier. Sur quoi l’exemple de la Sicile est remarquable; le terroir de laquelle es-tant descheu par trop curieux espierre-ment, fut restauré, quand par décret pu-bliq, y furent remises des menues pierres,autant qu’il suffisoit pour le bien du la-bourage, ainsi que tesmoigne P line ( 2 ).
Pourdescharger lesterres des eaux nui- r*. «wsibles, le plus commun remède est, qu’on c ,l‘ rles vuide par fossés ouverts , principale- mur ‘ ' “ment ès plaines et lieux bas ; servans aussices fossés , à clorre les possessions. Onfossoyera donques les terres à l’entour ,donnant telle largeur et profondeur auxfossés , qu’ils soyent propres à ces deuxusages. On les nettoyera une fois, de deuxen deux ans, peu de temps devant l’ense-mencement des terres , dans lesquellessera jettée la graisse qu’on jjrendra aufonds des fossés pour servir d’autant d’a-mendement. Mais s’il avient que le champsoit par le dedans occupé de fontaines etsources sous-terraines crouppissantes, lesseuls fossés aux bords des terres ne suf-fisent , ains sera besoin d’autre remèdeplus particulier , comme sera monstré ,pour desgager le milieu de la terre de cesincommodités. Et d’autant que le vice dutrop d’eau, excède en malice, et celui desombrages, et celui des pierres, ainsi qu’àesté dict ; plus qu’à ceux-ci faut-il aussiemployer de labeur pour y remédier : dontfinalement le profit, pour récompense ,
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