Band 
Tome I.
Seite
172
JPEG-Download
 

172

SECOND LIEU

Page 128 ,colonne 2 }ligne 12.

Page id.colonne IJ ,ligne 38 .

fait jaunir l’herbe , qui devient très-vigoureusel’année suivante , lorsque l’eau a suffisammentdétrempé cet engrais ? C’est du moins le mêmeeffet que celui produit par le sel semé surabon-damment, ou en temps chaud. On pourroit citerbeaucoup d’exemples à l’appui de cette conjec-ture , et il est incontestable que tous les engraisqui abondent en parties salines, telles que lacendre, la chaux , la poudrette , la colombine ,etc. , deviennent plus nuisibles qu’utiles , lors-que l’eau ne tempère pas leur action, immé-diatement après leur emploi. ( Y .)

(26) Quelle que soit la cause qui rende la cul-ture des fèves si favorable aux cultures subsé-quentes , soit qu’on doive l’attribuer aux fré-quens binages qu’elles exigent pour prospérer ,et qui ont le double avantage d’ameublir et denettoyer parfaitement la terre , soit qu’elle soitdue à la nature tendre de la tige , et à ses nom-breuses et larges feuilles , qui soutirent unequantité considérabled’alimensdel’atmosphère,à laquelle elles présentent une grande surface ,comparativement à l’étendue des racines quiles supportent; soit peut-être que ces deuxcauses concourent à cet effet avantageux ; tou-jours est-il bien reconnu , sur-tout en Flandre et en Angleterre , que cette première culture estune des meilleures préparations que l’on puissedonner dans l’année de jachère , aux terres com-pactes et argileuses , pour recevoir du froment.Nous aurons occasion de parler plus loin desavantages de son enfouissage en verd. ( Y.)

(27) L’usage de fertiliser la terre en y enfouis-sant en fleurs , les fèves , les vesces , les pois ,les lupins , et autres plantes légumineuses , re-monte à la plus haute antiquité; et il paroit, pardivers passages de Caton, Colamelle, Varron,Virgile et Pline , que les Anciens faisoient leplus grand cas de cet engrais végétal qui, s’iln’est le plus puissant, est au moins le plus éco-nomique de tous. Quoique la nature nous l’in-dique fortement par les exemples encourageansqu’elle met constamment sous nos yeux , il neparoit pas que les cultivateurs modernes enfassent l’emploi que mérite , à tous égards , unengrais si précieux, qu’il est si facile de se pro-curer par-tout , et qui est si recommandable

pour les terres éloignées, ou d’un difficile accès.

S’il n’a pas toute la force et la durée des engraisanimaux , il est exempt aussi des inconvéniensqui les font proscrire des meilleurs vignobles ,et c’est-là sur-tout qu’on devroit l’employer sou-vent , à l’imitation des Anciens ; il est si éco-nomique, que les partisans des jachères, qui ,le plus souvent, n’ont aucun engrais à leur don-ner , au lieu de les fatiguer par de fréquens etonéreux labours , devroient, au moins , cher-cher à les engraisser, en y enfouissant les plantesqu’ils y semeroient à loisir. J’observerai que lesarrasin ou blé noir , dont je fais annuellementun très-grand usage , avec un succès constant,m’a paru aussi efficace et beaucoup plus écono-mique encore, que les légumineuses précitées ,que j’ai plusieurs fois semées comparativement.

J’aurai occasion d’en parler dans la suite. ( Y .)

(28) Les bons effets de la marne ne sont gé- Page 129 .néralement sensibles qu’à la troisième année, ce co,m,ne 1 •

i ' ligne 20.

qui ne peut être attribué à un excès de chaleuret de graisse , comme le pense Olivier de Serres ;puisque , loin de faire verser les grains, ses ef-fets sont presque nuis alors , mais plutôt au dé-faut de'combinaison intime avec le sol , ce quis’opère à la longue , par l’action des météores ,des labours, et des engrais. Cette vérité se trouvejournellement confirmée par l’expérience descultivateurs qui , désirant accélérer les effetsaméliorans de la marne , fument la terre enmême-temps qu’ils y déposent cet amendement,ou bien , le mêlent, dans la cour même , couchepar couche , avec le fumier , ce qui ne manquejamais de le mettre en action dès la premièreannée. (U.)

(29) Olivier de Serres ne parle point des Page a.plantes marines , connues sous les noms de fu- cùh,nnr 11

1 7 J ligne 17.

eus, -varecs , goesmons , algues, etc. , dont lescultivateurs , placés près des côtes de l’Océanet de la Méditerrannée , tirent un parti si avan-tageux pour l’engrais de leurs terres.

On ne sauroit trop répéter qu’on ne fait gé-néralement point assez de cas des engrais végé-taux que la nature présente , presque par-tout,en abondance , et je ne puis me dispenser derappeler ici l’exemple , bien digne d’imitation ,du vertueux cultivateur suisse , connu sous le