DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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nom de Kliyogg, ou Petit-Jean. Sans cesse oc-cupé à augmenter la masse de ses engrais , il pro-fitait , avec empressement, de l’utile ressourceque lui présentoient les sommités des pins etsapins , qu’il faisoit macérer , et qui lui four-nissoientune ample provision d’un engrais éco-nomique, abondant et durable.
Combien de terres stériles pourroient facile-ment être améliorées par ce moyen trop peuconnu ! Combien de cultivateurs ne se doutentpas qu’ils ont souvent à côté d’eux ce qu’ils vontchercher bien loin à grands frais !
Dans l’énumération des engrais , faite parOlivier de Serres , il ne parle ni de la suie , nide la cendre de tourbe , ni du plâtre. Ces en-grais , très-puissans , ne paraissent pas avoirété connus des Anciens , aucun de leurs au-teurs agronomiques n’en parlant. La décou-verte de leurs bons effets est moderne ; et ,comme ils ne sont encore ni assez connus , niassez généralement employés , il peut être utiled’entrer ici dans quelques détails généraux à cesujet.
Les terres auxquelles ces engrais conviennentplus particulièrement, sontles terres compactes,argileuses , et aquatiques. Les saisons les pluspropres à leur emploi sont, l’automne, l’hiver ,et le commencement du printemps. La quantitéle plus généralement convenable, est le doublede celle du grain nécessaire pour la meme éten-due de terrein. On peut les semer simultané-ment avec le grain , ou avant, ou immédiate-ment après lasemaille. Ces règles générales ad-mettent quelques exceptions ; mais il est essen-tiel d’observer, qu’en quelque circonstance qu’onles employé , leurs effets ne deviennent biensensibles que par l’intermède d’une humiditéconstante ; et il convient d’ajouter que l’effi-cacité du plâtre et de la cendre de tourbe , a étéjusqu’ici plus constatée sur les prairies artifi-cielles , et notamment sur le trèfle , la luzerne,et le sainfoin , auxquelles ils conviennent es-sentiellement, que sur les plantes graminées.
(T.)
(3o) Dans un temps où on subordonnoità l’in-fluence lunaire un très-grand nombre d’objets ,Olivier de Serres f en reconnoissant que la lune
n’en exerce réellement aucune sur les fumiers ,nous donne une nouvelle preuve de son excel-lent jugement ; mais il est surprenant que sonexpérience ne lui ait pas appris à faire une grandedifférence entre les vieux et les nouveaux fu-miers ; les derniers ne manquant jamais , fauted’avoir subi un degré de fermentation et de dé-composition suffisans, d’apporter sur les terres,avec un engrais mal préparé , une prodigieusequantité de graines nuisibles , qui, après avoirdévoré la substance du bon grain , se perpétuentdans le champ , et deviennent très - difficiles àextirper ensuite. (T.)
CHAPITRE IV.
(3 1 ) La culture successive des différentes gra-minées , sur le même terrein, est contraire auxprincipes d’un bon assolement. En vain varie-roit-on l’espèce de grain ; avec une pareille ro-tation , la terre ne peut manquer de s’épuiser ,de se couvrir de graines nuisibles aux récoltes ,et d’être , en peu d’années , hors d’état de don-ner de belles productions. Il est donc indispen-sable d’alterner constamment la culture desgraminées avec celle des plantes fourrageuses ,légumineuses , et potagères : c’est le moyeninfaillible d’établir une succession de récoltes ,qui, en donnant les plus grands produits pos-sibles , conserve toujours la terre dans un état denetteté, d’ameublissement et de fertilité conve-nables. (T.)
(3a) Nous ignorons ce qui se passe aujourd’huid ans le midi de la F rance,relativement aux pointsd’où les grains de semence sont tirés par préfé-rence à d’autres points ; mais ce qui se passedans les environs de Paris , parait entièrementopposé à ce que rapporte ici Olivier de Serres . Ilest constant que les cultivateurs de toute la par-tie située à l’est et au midi de Paris , et notam-ment de la ci-devant Brie, tirent la majeurepartie de leurs fromens de semence des pointsopposés , c’est-à-dire de la ci-devant Beauce ,Picardie , etc. ; Crépyleur en fournit beaucoup.Il paraît même qu’en général les grains pros-pèrent plus tirés du nord au midi, que du midi
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