SUPPLÉMENT A L’ÉLOGE
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toujours le vrai sens. Par exemple , nous demandions si l’on sait ,sur les lieux, ce qu’OriviER de Serres a voulu dire (tome I,chapitre XIV , page 570 ) du chévrier de Nismes, qui a si bienfait parler de sa vie.
On a donné, sur ce point , à notre collègue HuzarcL, dansle pays même , qu’il parcouroit en l’an XII, une courte notice ,dont voici la substance (1).
La ville de Nismes , située près d’une lande très-vaste , actuelle-ment en partie défrichée , nourrissoit autrefois un grand nombrede chèvres. Ses habitans en conservent encore aujourd’hui lesobriquet, de cabriers de Nismes.
On sait, par tradition ., qu’un gardien de chèvres de cette com-mune. introduisit son troupeau dans un vignoble , à l’époque dela première pousse , c’est-à-dire, au moment où ces animauxpouvoient causer le plus de dommages. U fut traduit en justice 5et lorsqu’on l’interrogea sur le motif qui l’avoit déterminé à cettemauvaise action , il répondit qu’il avait voulu faire parler de lui.On assure qu’il fut pendu. Lorsqu’on parle d’un homme quicherche à se rendre célèbre par des sottises , dans le Bas-Lan guedoc , on ne manque jamais de citer cette vieille histoire. Lechévrier de Nismes est V'Êrostrate de cette contrée.
Cette anecdote est piropre à figurer dans le concours que laSociété propose cette anmée , pour fixer les idées sur les moyens deprévenir les plaintes qui s’élèvent, dans beaucoup de Départemens,contre les ravages des chèvres (2).
La publication du premier volume de cette édition , nousa valu aussi quelques remarques fort utiles sur les objets traités
(1) Je dois cette notice à M. IDelon , correspondant de la Société, propriétaire dans lesCevennes , aujourd’hui secrétaire; - général de la Préfecture du département des Pyrénées-Orientales. {H.)
(2) Programme des prix proposés pour l’année 1806 , dans la Séance publique du26 Brumaire an XIV ( 17 Nove:mbre 180 5 ) , page 17.